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Si Partage, Plaisir et Courage sont autant de mots que vous portez en étendard... Si l'envie vous prend de vous investir pour le salut de Telara et le respect de nos valeurs... Alors cessez d'hésiter et entrez .... Votre place est certainement parmi les nôtres ...

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 Gardien : Conte : L'Archer au sanglier

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MessageSujet: Gardien : Conte : L'Archer au sanglier   Gardien : Conte : L'Archer au sanglier Icon_minitimeMar 13 Aoû - 17:19

Vherkin a écrit:
Voici l'archer au Sanglier. Conte officiel de Trion qui a disparu lors de la refonte de leur site. Je poste ici dans le but que celui-ci soit préserver.
L'Archer au sanglier, chapitre 1
Une deuxième chance ne se refuse pas

Gardien : Conte : L'Archer au sanglier Kwa21HL

Avant que le Gobelin ait pu terminer sa prière, ma flèche noire se ficha dans sa tempe, lui clouant la tête à un arbre. Telles des pommes, des crânes miniatures tombèrent de sa coiffe. Ses compagnons Gobelins, occupés à attaquer les villageois, se figèrent et se retournèrent, bouche bée. Moi-même je ne pouvais qu'admirer ce tir.

Je sifflai bruyamment, espérant détourner les Gobelins de leurs proies, un fermier de la Gloamwood Pines, sa fillette et son vieux père fatigué. Trois Gobelins mordirent à l'hameçon, battant la campagne en quête de l'audacieux archer. Je sortis de ma cachette sous un arbre couché et décochai une flèche dans chacune des nuques vertes.

N'importe quel Gobelin sensé aurait fui, terrifié, mais les Gobelins sensés n'existaient pas. Les trois Gobelins restants se jetèrent sur la famille en poussant un cri aigu. Ma flèche passa à deux centimètres de la tête de la fillette, avant d'aller se loger dans l'œil du chef des Gobelins. Malheureusement, les deux autres assaillants étaient hors de portée.

« Moe ? », appelai-je d'une voix traînante. Un sanglier noir, gros comme un demi-cheval, surgit soudain du bosquet. Il écrasa le premier Gobelin sans ralentir et cueillit le deuxième de sa tête pointue pour l'envoyer s'écraser sur un chêne voisin. « Brave petite. »

Je rangeai mon arc et avançai vers les fermiers, mais le vieil homme se plaça entre sa famille et moi, montrant les dents. « N-n'approche pas ! »

« Qu'est-ce qui se passe, grand-père ? », demanda la petite fille.

« Abomination ! Blasphème ! », me cria-t-il. « C'est l'Archer au sanglier, de retour du monde des morts. »

Gardien : Conte : L'Archer au sanglier FOu5Zoi

Ces derniers mots étaient vrais. L'Archer au sanglier. Ou, plus précisément, Hugo Waldemar. De retour après presque un siècle, après avoir côtoyé la mort.

Il y a longtemps de cela, un bûcheron borné avait refusé de payer « un maudit sou » pour traverser mes bois. J'étais en train de lui expliquer qu'une fois que Moe lui aurait brisé les doigts, il ne pourrait plus gagner un seul sou, quand sa femme avait décroché du mur la hache de son époux.

« Très drôle », avais-je prononcé avant que l'air ne quitte mes poumons.

Des années passèrent, puis des décennies, mais je ne les vis pas puisque j'étais mort. Un jour, je me retrouvai sur une route de marbre qui s'étendait à perte de vue. Elle était bordée de statues représentant tous les dieux dans toutes leurs incarnations. Je n'avais jamais consacré beaucoup de temps à ma foi, et je ne m'arrêtai donc pas pour admirer ces œuvres.

Au-delà de la route et des statues, ne s'étendait qu'un vide infini. Des images tourbillonnaient, violettes sur fond noir, une galerie de tous les actes terribles que j'avais commis avant que la femme du bûcheron n'ait une idée lumineuse. J'avais pris un grand plaisir à exécuter toutes ces actions. Cependant, les voir me mit mal à l'aise, comme si une pierre me pesait sur l'estomac.

Rejoins-moi, dit une voix dans ma tête qui ressemblait à un million de serpents géants muant sur un rocher visqueux. Rejoins-moi et détruis le monde.

Mais j'aime ce monde, répondis-je en pensée à la voix. Il saigne lorsqu'on l'écrase. J'ai perdu la vie lorsqu'une hache s'est enfoncée dans mon dos. Alors, non merci. Avec un hurlement perçant, le vide sembla vouloir s'emparer de moi.

Une porte de cristal apparut sur le chemin et s'ouvrit. Une lumière dorée se répandit partout, chaude et douce comme le miel. Progressivement, elle effaça tous mes méfaits, chaque pièce volée, chaque os brisé, chaque flèche dans le dos.

Enfin, je me retrouvai sur un chemin d'un blanc pur, baigné par la lumière du jour. Les statues des dieux me souriaient, inclinant la tête vers la porte. Vers une deuxième chance. Tout était pardonné. En un instant.

Je passai entre les arches de cristal. Après tout, une deuxième chance ne se refuse pas.

Gardien : Conte : L'Archer au sanglier RnaWpFY

«Quand j'étais gamin, c'était la terreur du Bois du Crépuscule, dit le vieux bonhomme. Que les Veilleurs nous gardent si l'Archer au sanglier est sorti de sa tombe ! »

« En fait, je suis passé par une porte de cristal. » Je tapotai l'épaule de Moe qui était en train d'éviscérer le Gobelin écrasé de façon méthodique. « Les Veilleurs m'envoient. »

« Toi, un Élu ? demanda l'homme. C'est impossible ! »

« C'est pourtant la vérité, vieil homme. Dès que j'aurai repris mes flèches, tu pourras suivre ton glorieux héros jusqu'à Pin des Bois. Ou rester ici. Je suis certain que ce sont les seuls Gobelins des bois. Vous devriez être en sécurité. » Je repris toutes les flèches, sauf une.

Le prêtre Gobelin se balançait à l'arbre, une brise caressant les plumes de la flèche noire.
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MessageSujet: Re: Gardien : Conte : L'Archer au sanglier   Gardien : Conte : L'Archer au sanglier Icon_minitimeMar 13 Aoû - 18:09

L'Archer au sanglier, chapitre 2
L'arrêt des négociations

Gardien : Conte : L'Archer au sanglier HLLwjRY

Nous arrivâmes à Pins des Bois en pleine nuit. Ce n'était pas la ville animée que j'avais connue avant ma mort. Je gardais le souvenir de petites maisons basses et voici que je retrouvais des bâtiments lugubres couverts de hauts toits de bardeaux effilés comme des dagues pointant vers un ciel couvert. De petites grappes de maisons se nichaient derrière des buttes. Soufflant sur les enseignes et les volets, le vent produisait un concert de grincements et de gémissements.

La fille et le vieillard se dirent au revoir devant le puits du village. Plus précisément, elle lui fit une révérence maladroite tandis qu'il s'en allait. Moe retourna dans les bois pour nous réapprovisionner, et je pris une chambre à l'auberge.

Je m'allongeai sur la couche de paille en me demandant quels dieux espiègles pouvaient me donner une seconde chance. À part tuer (mais aussi mutiler, voler, extorquer ou brutaliser), je n'avais pas fait grand-chose de mon vivant pour m'attirer les faveurs des dieux.

À bien y réfléchir, j'avais probablement déjà tué quelqu'un de bien pire que moi…

Gardien : Conte : L'Archer au sanglier 6eSyFg0

Autrefois, le vieux château avait un nom que ses propriétaires dégénérés ne prononçaient jamais. Personne à Bois du Crépuscule ne voulait avoir affaire avec les comtes de la région, à part pour verser des impôts exorbitants ou des larmes de rage lorsqu'un de leurs jolis enfants disparaissait. Cela m'importait peu. Je n'avais pas d'enfant et j'avais également un dû à réclamer. J'enjambai donc les parapets de pierre, vif comme un serpent.

Un ou deux gardes tués plus tard, je me faufilai à l'endroit où les remparts surplombaient le jardin. J'aperçus un homme déambuler entre les rosiers. Grand et fin, les poètes l'auraient sûrement qualifié de beau. Une peau d'ivoire, des cheveux blonds aux épaules et des pommettes saillantes qui auraient pu couper du verre. Ou une gorge.

« Ah, le vide-gousset du coin », dit-il en passant un doigt long et fin sur les pétales d'une rose. « La Bave du Porc ? »

« L'Archer au sanglier », répondis-je du parapet situé à plusieurs mètres au-dessus de lui. J'essayai de cacher ma stupeur devant le fait qu'il m'ait entendu arriver, ainsi que les frissons qui me parcouraient en entendant sa voix.

« Il est assez rare qu'un brigand recherché demande audience au comte. Je suis Ulfrid VI et je serais heureux de t'amener à la potence que tu sembles appeler de tes vœux. »

Je m'assis entre deux créneaux, mon arc sur les genoux. « Nous parlerons de la potence une autre fois. Je suis venu vous parler d'un chariot. »

« Un chariot ? », demanda Ulfrid.

« Le chariot que vous avez envoyé au camp du roi Aedraxis, à Champierre. Les deux types en chasuble censés le garder ne se relèveront plus jamais, mais j'ai mis le chariot et son contenu en lieu sûr. » Je brandis un étui scellé contenant des parchemins. « La lettre que vous avez écrite au roi est également en de bonnes mains. Celle parlant du « Seigneur Regulos ». Vous versez vraiment le sang des vierges dans cet artefact pour faire se lever les morts, ou vous le buvez quand vous avez soif à force de chanter ? »

Gardien : Conte : L'Archer au sanglier Fw64d1w

« Tu as brisé le sceau. Tu n'as donc rien contre moi ou Sa Majest… », se moqua-t-il, d'une voix douce comme seuls ceux ayant tous les privilèges dès la naissance peuvent avoir.

Je déroulai le parchemin sur lequel subsistait des traces du sceau de cire que j'avais ouvert avec ma dague. « Je me moque de savoir qui d'Aedraxis ou de son frère sera sur le trône ou que vous aimiez vous déguiser pour tuer des paysans. Vos hommes ont traversé mon bois sans payer le droit de passage et ils sont morts. Maintenant, vous allez me payer avec les intérêts ou je m'arrangerai pour que ce parchemin parvienne au gentil prince Zareph. Et vous mourrez. »

Son sourire narquois se transforma en une horrible grimace. « Espèce de sale vermine des bois ! Tu me fais chanter ? Gloamwood m'appartient, ainsi que ceux qui y vivent et ceux qui y reposent ! Je t'attacherai à un autel et je te saignerai goutte par goutte, pendant des semaines, des années ! Je trouverai ta famille et je la ferai regarder par leurs yeux exorbités et crier avec leur langue coupée, je... »
Amusant, alors qu'Ulfrid était en train de parler, une flèche noire traversa son bel œil violet pour se ficher à l'arrière de son crâne.

La corde vibrait contre mon brassard quand il tomba, les lèvres remuant encore, tel un poisson dans un seau vide. « Si vous ne savez pas rester poli, autant arrêter les négociations. »

Je réprimai un frisson et sautai par-dessus le parapet, atterrissant doucement dans la douve et nageant à l'endroit où Moe attendait, en lisière de forêt. J'arrivai au bon moment, car l'alerte fut donnée quelques instants plus tard. Jamais ils ne nous retrouvèrent et l'artefact disparut avec nous. Qui sait ce qu'aurait pu en faire Aedraxis s'il était entré en sa possession ?

Bien sûr, je mourus la semaine suivante, une hache plantée dans le dos, avant qu'on ne reconnaisse que j'avais sauvé le royaume.

Gardien : Conte : L'Archer au sanglier KT3BI1b

Je me réveillai au son des cris et des os qui s'entrechoquaient. Jetant un coup d'œil rapide par les volets, je vis une horde de cadavres s'engouffrer dans une maison d'où provenaient des hurlements à glacer le sang. Derrière, d'autres morts-vivants, des dizaines, remontaient la route dans le cliquetis de leur pas traînant.

Faisant taire ma peur, je descendis au rez-de-chaussée pour les voir s'affairer sur l'aubergiste. Autrefois d'un naturel grincheux, il couina comme un cochon lorsqu'un zombie lui arracha doucement un morceau de joue avec ses dents. Ma première flèche traversa la gorge de l'homme et il succomba dans un soupir. La deuxième, une flèche à large pointe, trancha l'épine dorsale du squelette tenant les chevilles de l'aubergiste. La troisième traversa de part en part le crâne du zombie et se ficha dans la fenêtre.

Je fermai les paupières de l'aubergiste en allant chercher ma flèche. De l'autre côté de la fenêtre, dans le brouillard, un squelette vêtu d'une tenue d'apparat en lambeaux me fixait d'un air mauvais. Sous les quelques cheveux blonds qui lui restaient, son crâne brillait tel le clair de lune à travers les arbres. L'empennage en plume de corbeau d'une flèche dépassait de son orbite gauche.
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MessageSujet: Re: Gardien : Conte : L'Archer au sanglier   Gardien : Conte : L'Archer au sanglier Icon_minitimeMar 13 Aoû - 18:45

L'Archer au sanglier, chapitre 4
On perd la notion du temps après cinquante ans…

Gardien : Conte : L'Archer au sanglier VIjRBuK

Ulfrid. Je le reconnus malgré la saleté qui maculait la fenêtre de l'auberge. La trace laissée par ma flèche sur son oeil le trahissait. J'aurais pu tomber à genoux et supplier cette incarnation des péchés passés de m'accorder son pardon. J'aurais pu tout simplement m'enfuir. Pourtant, je ricanai et bandai mon arc. "On vient prendre sa revanche, pas vrai?"

Le peu de cheveux qui lui restaient se dressèrent et une lueur rougeoyante s'alluma au fond de ses yeux. La cicatrice qu'avait laissée ma flèche apparut à la lumière, mais ne brilla pas. Ulfrid toucha la fenêtre qui vola en éclats, puis lança vers moi une sphère violette lumineuse. Je dévalai les escaliers et entendis le bruit d'un choc magique contre le panneau sur lequel je m'appuyais quelques secondes plus tôt. Je me retournai et vis le bois se flétrir comme la peau d'une vieille femme.

Je courus vers ma chambre pour atteindre le balcon. Des hordes de morts-vivants nauséabonds submergeaient les rues en contre-bas. D'un saut, je me rattrapai au rebord du toit le plus proche. Par chance, les zombies ne savent pas sauter, sinon, ils auraient eu ma peau.

Je m'échappai par les pentes ardues des toits, les tuiles se dérobant sous mes pieds. Curieusement, je n'entendis aucun cri tandis que je prenais la fuite.

Tout à coup, Ulfrid bondit et se retrouva suspendu entre moi et le rebord de toit suivant. Il ne manquait pas de courage.

Gardien : Conte : L'Archer au sanglier KKVXp0w

“Je vais faire de toi une brochette de porc,” dit-il. Sa voix me rappelait un grincement de dents.

“Tu me rappelles quelqu'un. T'aurais-je déjà tué, par hasard ? C'est fou comme on perd la notion du temps après cinquante ans...”

Ses dents claquaient, sans doute rendu fébrile par la jubilation, ou peut-être la faim. “Tu me connais, brigand. Te souviens-tu de la promesse que je t'ai faite lorsque tu t'es introduit dans mon château ?”

La maison où je me trouvais était encerclée de morts-vivants. Je poussai un soupir aigu pour tenter d'étouffer mon sifflement avant de m'arrêter net. "Je me souviens surtout de gargouillements indistincts et de coups dans le vide", dis-je en saisissant mon carquois.

Il tendit à nouveau ses mains squelettiques et fit apparaître un crâne empli d'une lumière violette. “Je vais donc te rafraîchir la—“

Je me disais que même un sorcier mort-vivant verrait son attention détournée par une pluie de flèches. Je tirai donc sur lui sans relâche, mais les flèches traversaient ses côtes découvertes. Cette technique s'avéra pourtant efficace : il ne parvenait plus à se concentrer, et les sorts s'annulaient les uns après les autres.

Alors que je m'emparais de mon carquois vide, Ulfrid reprit de plus belle. Mon sifflement fit son effet : j'entendis le bruit des corps qui s'effondraient dans l'allée à gauche, et je bondis parmi les zombies à terre. Je courus sur les pas de Moe tandis que cette dernière attaquait la horde de morts-vivants, fracassant au passage un squelette qu'elle réduisit en miettes d'un seul coup de tête.

Gardien : Conte : L'Archer au sanglier G3Su5UF

Ulfrid jeta un nouveau sort. Le mur d'une maison juste derrière moi se mit à pourrir tandis je me faufilai entre deux bâtiments. “Cours donc, tu ne sais faire que ça, sale petit voleur ! Mes chiens te débusqueront, et les vers viendront bientôt te grignoter la langue !”

Je suivis son conseil et rejoignis Moe à l'extérieur du village. Je n'entendais toujours aucun cri, mais alors qu'il prononçait le mot "chien", un hurlement retentit dans le village. Je pressai le pas jusqu'à ce que l'agaçant ricanement d'Ulfrid s'étouffe, puis m'arrêtai pour examiner les blessures de Moe.

J'extrayais une main tranchée de son pelage ainsi qu'une dague plantée dans la montagne de ses muscles, au niveau des épaules. Elle avait quelques autres coupures et égratignures et roulait de gros yeux vers moi, comme un serveur toise un client peu généreux.

“Très bien. Bon travail, espèce de petit jarret de porc prétentieux,”dis-je. Elle s'allongea, et je pansai ses blessures pendant quelques instants. J'étais soulagé car seuls les squelettes l'avaient atteinte. Mes onguents sont un remède à tout sauf à la puanteur des zombies, d'autant que l'odeur de Moe était déjà suffisamment riche.

Se remettant petit à petit de ses blessures, Moe se redressa et me suivit. Ulfrid étant de retour, j'avais fort à faire, à la clarté de cette lune qui contemple le monde.

Gardien : Conte : L'Archer au sanglier H3c4y2S

Une créature énorme nous suivait alors que nous progressions dans les bois. Elle avait des pattes griffues, son souffle était rauque et elle rampait presque. Elle se déplaçait si silencieusement, comme seule une telle créature peut le faire, que je fis mine de n'avoir rien entendu, tout professionnel que je suis. Elle se tenait à bonne distance et recula à la vue du Cottage de Bois-Profond.

Cela n'avait jamais vraiment été un cottage, mais j'en ai un souvenir plus agréable qu'après l'apparition des failles. Elle trônait sur un petit bout de terrain en bas de la colline, cette demeure de deux étages, trapue, comme si elle tentait de rattraper son allure grotesque par un étalage de tourelles mal assorties.

Tandis que Moe rôdait aux alentours, je sortis de ma cachette, derrière un arbre recouvert de mousse. La cour était vide, seules quelques feuilles détrempées jonchaient le sol et la porte était entrouverte, un faible rai de lumière passant à travers les fenêtres embuées. Privé de mes flèches, je détachais la bandoulière de ma lance et, me faufilant dans l'embrasure de la porte, je plongeais dans les ténèbres.
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MessageSujet: Re: Gardien : Conte : L'Archer au sanglier   Gardien : Conte : L'Archer au sanglier Icon_minitimeMar 13 Aoû - 19:13

L'Archer au sanglier, chapitre 4
Le champion des dieux est un voleur meurtrier

Gardien : Conte : L'Archer au sanglier LuOd5zQ

Comme à l'accoutumée, la porte claqua derrière moi, je m'y adossai, libérant ma lance sans un bruit. « Eh bien, Laria. En voilà une manière d'accueillir un vieil ami ! »

« Laria est morte ». Le sifflement qui me parvint semblait émaner de la gorge desséchée d'une moribonde. Une lueur se fit sur le palier à l'étage supérieur, laissant apparaître la silhouette vacillante et monstrueuse d'une vieille femme bossue, une chandelle à la main.

« Tiens... l'autre soeur, la grincheuse ! Votre nom m'échappe. » Le palier, plongé dans l'obscurité, longeait le mur extérieur gauche et se terminait par deux cages d'escaliers se rejoignant près de la porte. Voyant la vieille souillon se diriger vers l'escalier de gauche, je reculai instinctivement en direction de celui de droite. C'est alors que la chandelle s'éteignit et qu'elle disparut de ma vue.

« Je n'en ai plus » dit-elle dans un souffle, juste derrière moi. « Je l'ai vendu après la mort de Laria. On me désigne par le surnom de la Mégère à présent. »

Je me retournai pour lui faire face et reculai rapidement de trois pas, l'examinant brièvement pour finalement arriver à la conclusion que ce sobriquet lui allait à ravir. J'en vins à remarquer que la chandelle n'était pas dans sa main mais flottait au-dessus de sa paume ouverte, diffusant une lueur indécise qui oscillait entre un violet pâle et un vert lugubre. « Très bien, Dame Mégère, dis-je, il semblerait que rien ne me retienne davantage ici. »

« Je me souviens de toi », croassa-t-elle en se penchant vers moi pour me renifler et essayant de me forçer à faire de même. « Cette chose que tu as apportée à Laria… l'artefact. Où est-il ? »

Gardien : Conte : L'Archer au sanglier S8UzCud

« Eh bien, si je l'ai donné à Laria, cela semble signifier que c'est elle qui l'a en sa possession. » Tout en reculant lentement en direction de la porte, j'entendis quelque chose se déplacer à l'extérieur de la bâtisse. Quelque chose qui grattait les murs, qui grognait, d'une taille à peu près similaire à ce qui m'avait suivi dans les bois. Exactement la même taille, en fait.

« Cesse donc de mentir ! Le lendemain du meurtre du Seigneur Ulfrid, tu as apporté un trésor à Laria, et tu lui as demandé de le cacher ! À travers le coffret de chêne qui le contenait, j'ai pu sentir la magie de la Mort qui en émanait. Laria l'a traité avec sa propre magie durant deux jours sans jamais me laisser approcher. Il est essentiel que je sache où elle l'a caché. »

« Peut-être lui ai-je dit de le cacher loin de moi ? De toute façon, j'étais mort à ce moment-là », répondis-je, en me rapprochant lentement du mur et des grattements insistants de griffes sur la façade extérieure.

« Et pourtant, tu es revenu. Toi ! » Elle rejeta sa vieille tête échevelée en arrière en gloussant de manière horrible tandis que la flamme violette de la bougie se raviva. « Si le champion des dieux est un voleur meurtrier, le seigneur Regulos ne fera qu'une bouchée des Gardiens. »

Le dos contre le mur, je me glissais en direction de la fenêtre. À l'extérieur, j'entendais la créature qui suivait, telle une ombre, le moindre de mes mouvements, son corps lourd raclant le devant de la maison. « Les choses changent, vieille mère. Autrefois, j'étais un voleur et vous aidiez votre soeur à protéger ces bois. Je parierais un sac d'or que Laria est morte en combattant celui-là même qui vous possède à présent. »

Alors que la Mégère levait vers moi ses mains noueuses pour me lancer un sortilège, je me tapis sous la fenêtre juste au moment où la chose bondit dans la pièce dans un fracas de vitre brisée. Une pluie de verre s'abattit sur moi lorsque cette chose me survola, imprégnant l'air d'une désagréable odeur de chien mouillé et de moisi. Elle atterrit exactement à l'endroit où se tenait la Mégère et, emportée par son élan, glissa sur le sol en tentant de planter ses griffes là où elle le pouvait. La vieille disparut d'un seul coup sans laisser de traces. Je fis de même, enjambant silencieusement la fenêtre brisée, me laissant haper par la noirceur de la nuit.

Gardien : Conte : L'Archer au sanglier UgJFYbA

Je disparus sans bruit dans l'obscurité, tentant de brouiller ma trace du mieux possible, d'abord changeant de direction et revenant sur mes pas, ensuite éparpillant de-ci de-là des morceaux de ma veste afin de disperser mon odeur dans la nature silencieuse qui m'entourait. Et pourtant la bête me retrouva et se mit à me poursuivre de manière frénétique à travers la forêt. À une ou deux reprises, je sentis la chaleur de son souffle putride effleurer ma nuque tandis je me baissais pour parer ses attaques furieuses, puis brusquement, je m'enfuis dans la direction opposée.

J'entendis un martèlement assourdissant de sabots non loin de moi et Moe me rejoignit, piétinant au passage quelques jeunes arbrisseaux.

« Tu tombes bien, murmurai-je, au cas où il me suivrait à l'odeur. »

C'est alors que je reconnus des marques familières sur un arbre. Je bondis, attrapai une branche basse et me hissai juste à temps pour voir Moe se retourner pour bloquer le passage à la créature. Toute de fourrure, de crocs et de piquants acérés, la bête sauta d'un bond par-dessus de Moe et se retourna sauvagement pour lui faire face, grognant et écumant. Sans attendre, Moe piaffa et chargea mais la bête pivota brusquement vers la gauche et, déroulant ses bras souples et puissants autour du corps de Moe, elle fit disparaître le sanglier sauvage d'un quart de tonne dans les taillis obscurs dans un cri perçant.

Gardien : Conte : L'Archer au sanglier P29aKh9

Émergeant rapidement de ma stupéfaction, je grimpai le long du tronc du vieux chêne en bondissant comme un enfant de branche en branche. Je m'attendais à ce que la créature surgisse derrière moi, mais ne vis rien.

C'est alors que je levai les yeux et l'aperçus, pendu par un bras à une branche, à moins de dix mètres de moi. La créature faisait presque deux mètres cinquante de haut, son corps massif aux muscles noueux était surplombé par une énorme tête de loup où brillaient deux yeux vides et fous qui me fixaient avec une sauvagerie intense. Une forêt d'épines de porc-épic lui couvrait le dos, et de l'écume tomba de ses crocs lorsqu'il sauta.

Par chance, lorsqu'on est un bandit des bois, on apprend à cacher des carquois de secours dans le tronc de certains arbres que l'on marque ensuite d'un signe particulier. Avec le passage du temps, la moisissure avait rendu inutilisable la plupart de mes flèches, cependant, quelques-unes étaient demeurées intactes.

Presque d'un seul geste, j'attrapai mon carquois qui était dissimulé dans un creux proche de moi, bandai mon arc et tirai sur la créature. Ma flèche, chargée de magie empoisonnée, allait plonger dans son cou mais l'homme-loup se tourna brusquement. La flèche se planta avec un bruit sec dans son épaule. Il se propulsa alors sur moi dans un élan surhumain qui nous entraina des dizaines de mètres plus bas, vers le sol.
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vherkin
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MessageSujet: Re: Gardien : Conte : L'Archer au sanglier   Gardien : Conte : L'Archer au sanglier Icon_minitimeMar 13 Aoû - 19:28

L'Archer au sanglier, chapitre 5
Les loups sont les plus stupides des animaux de compagnie

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Je plongeai le sol à une allure vertigineuse, les bras de l'homme-loup fortement enroulés autour de moi dans une étreinte mortelle, tandis que ses crocs aiguisés grinçaient à quelques centimètres de ma gorge. J'attendis qu'il s'élance à nouveau pour tenter de me mordre et, au moment précis ou je le sentis prendre un élan, je projetai brusquement ma tête vers l'avant. Ses crocs qui rencontrèrent le vide, se fissurèrent dans un claquement sec, ce qui me valut tout de même une belle entaille sur le front.

Malgré le sang qui m'aveuglait, je réussis en toute hâte à dégager la dague de ma ceinture et la plongeai de toutes mes forces dans le flan du monstre. Laissant échapper un hurlement de douleur, il me libéra de son étreinte, et, tout en voyant le sol se rapprocher dangereusement, je réalisai soudainement que cette chute risquait d'être particulièrement brutale sans la masse volumineuse d'un loup-garou pour l'amortir. Je tentai de me redresser tout en orientant ma descente vers un tronc d'arbre. Ma lance pointée vers celui-ci, je la lançai le plus adroitement possible vers le tronc en prenant soin d'y enfoncer la pointe le plus profondément possible. Je dus entailler l'écorce sur plusieurs mètres mais c'est à peine si ma lance se courba, et je terminai la descente sur mes pieds, à quelques centimètres du sol.

Dégageant ma lance de l'écorce, je me mis à courir sitôt que j'entendis la créature s'écraser dans un amas de buissons non loin de moi. J'avais déjà une bonne longueur d'avance lorsque je réalisai brusquement que j'étais tout simplement en train de fuir. Peu importe où, il s'agissait avant tout d'aller quelque part. Mais où ? Le son de tambours dans le lointain me donna une idée.

Je courus à travers la clairière sans prononcer un mot, me dirigeant tout droit vers les pierres suspendues qui se dressaient gravement devant moi. C'est ainsi que je découvris, à l'intérieur du cercle de pierres, deux douzaines de gobelins qui dansaient en tournant sur eux-mêmes en de folles spirales, semblables à des derviches hallucinés. Perdus dans leur transe orbitale, ils agitaient des torches aux inquiétantes lueurs rougeoyantes, balançant de petites figurines sacrées en os tout en prononçant une angoissante mélopée aux accents lancinants. Une déchirure sembla se former dans l'espace assombri au-dessus de leur groupe et j'eus le sentiment que ces petits misérables étaient en train d'essayer d'ouvrir une Faille du Feu à renfort d'offrande sous la forme de pièces de viande crue sur un feu crépitant.

Ils ne se rendirent compte de ma présence que lorsque je fis irruption au centre de leur cérémonie. Leur seule réaction fut de me fixer avec stupéfaction, incapables qu'ils étaient de réaliser qu'un homme seul puisse d'interrompre leur petite fête privée. J'étais déjà sous les rameaux protecteurs des arbres lorsqu'ils se mirent à pousser leur cri de guerre, prêts à s'élancer à ma poursuite. Dieu seul sait comme je les aime, ces ridicules petites créatures !

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Ils remarquèrent instantanément le loup-garou. À quelques enjambées derrière moi, celui-ci s'élança d'un bond vers l'arrière de leur groupe et commença à les attaquer, aux prises avec son habituelle folie meurtrière. D'un mouvement commun, le groupe des gobelins ébahi se retourna pour lui faire face, tandis que mes flèches s'enfonçaient avec une certaine miséricorde, compte tenu de la situation, dans les parties tendres de ceux qui demeuraient résolus dans l'idée de me pourchasser.

Je précise "miséricordieuses" au regard du carnage qui s'en suivit. Le loup-garou arrachait les membres de leur cavités articulaires ; coincés dans ses mâchoires, il secouait violemment les gobelins, tournant la tête de droite à gauche avec fureur ; il alla même jusque fracasser l'une de ces petites créatures en la frappant sans merci contre l'un de ses congénères... ce qui fut certainement l'une des choses les plus amusantes qu'il m'ait été donné de voir dans cette vie. Lorsqu'il eut terminé son carnage, la tribu des gobelins mise en pièce gisait éparse sur le sol de la clairière. L'homme-loup pour sa part, s'était tout de même vu infliger quelques blessures, la peau écorchée et tailladée par des pointes de lances et de flèches, certaines restées fichées dans sa chair tandis qu'il boitait du genoux gauche.

Cette fois, il ne repéra absolument pas ma présence et c'est seulement grâce à quelques instincts sauvages qu'il s'esquiva vers la gauche alors que je tentai d'enfoncer ma lance dans son poumon. Je ne réussis qu'à égratigner l'une de ses côtes et déguerpis à toute allure avant que ces griffes ne viennent me caresser le cou.

Mon surnom d'Archer au sanglier ne vient pas de la sophistication éventuelle de mon armement. Par trois fois je réussis à parer les assauts du loup-garou, empoignant ma lance près de la pointe et l'orientant sous ses bras qui essayaient de m'attraper. Je l'enfonçai dans sa chair plusieurs fois de suite, sentant ... entre autres choses la chaleur du souffle de la bête hurlant de douleur et d'angoisse se répandre sur moi.

Éructant de sang, dans un soudain sursaut désespéré, le loup-garou me fit tomber sur le dos et se jeta sur moi. Je roulai dans les herbes clairsemées, tentant de maintenir ma lance droite. La pointe de mon arme transperça sa mâchoire inférieure pour lui perforer le palais. " Les loups sont les plus stupides des animaux de compagnie" m'écriais-je tout en faisant tourner la pointe métallique dans sa gueule ensanglantée.

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Je riais, riais et riais encore lorsque je fus pris d'une intuition subite. Où Laria et sa sœur, les gardiennes du Bois du Crépuscule, accomplissaient-elles leurs anciens rituels de protection du bois ? Où ailleurs que quelque part dans cet ancien cercle de monolithes, qui existait déjà bien avant les Elfes, dissimuleraient-elles cet artefact blasphématoire ? Si ce type de magie est incapable de réduire la présence de la Mort, rien ne le pourra. "Merci", dis-je en m'adressant aux dieux alors qu'ils m'avaient conduit exactement là où je devais être.

J'aime vraiment ces gobelins. L'un d'entre eux possédait une pelle de fermier qu'il utilisait en tant que lance. Je sifflotai un petit air joyeux et me mit à creuser au milieu du cercle de menhirs, juste au-dessous de la déchirure qui pouvait se transformer à tout moment en Faille. Je me hâtai et parvint au bout de quelques instants à heurter avec la pelle une boîte en chêne vermoulu. À l'intérieur, dissimulé par une étoffe sombre, un ancien gobelet en forme de crâne.

Tout d'un coup, je sentis un courant d'air glacé s'enrouler autour de moi : les forces de la Mort étaient là. Cet ancien objet de culte était-il assez puissant pour provoquer une apparition pareille ? Pas de ce que je me souvienne de mon ancienne vie, non. Mais cela n'avait rien à voir avec l'ancien calice.

Relevant la tête, je vis la faille commencer à s'ouvrir, semblable à une monstrueuse cicatrice qui se déchire. Ulfrid se tenait au bord du trou que je venais de creuser, secoué par son rire creux, ses bras décharnés levés et déversant leur énergie malfaisante vers la Faille.

« Waldemar, un stupide animal de compagnie ? », dit-il. « Il t'a conduit directement vers mon calice ! »

« La dernière fois que nous avions discuté de cela, tu mourrais », lui dis-je en dirigeant ma lance vers son œil droit. Je réalisai alors que quelque chose était en train de se matérialiser derrière moi et sentis la lame d'une hache traverser mes côtes et transpercer mes poumons.

« Ça alors », ricana t-il, « comme c'est amusant ! »

« Amusant… » Je tombais en avant, dans la noirceur. Tellement amusant...
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MessageSujet: Re: Gardien : Conte : L'Archer au sanglier   Gardien : Conte : L'Archer au sanglier Icon_minitimeMar 13 Aoû - 20:01

L'Archer au sanglier, chapitre 6
Un morceau de roi pour les dieux.

Gardien : Conte : L'Archer au sanglier WkzP260

Je me tenais dans un sanctuaire au bord de la route. Je ne sentais plus mes pieds, ni d’ailleurs le reste de mon corps, et j’arrivais à voir à travers mes mains. Les couleurs et les sons étaient atténués, étouffés. J’étais mort, une fois encore.

Splendide.

Je fus brusquement tracté vers les pierres levées, comme si une chaine attachée à un crochet s’était fiché dans ma cage thoracique et me trainait vers mon corps. L’espace autour des monolithes était imprégné des miasmes lépreux de la Mort. Dans les airs, la Faille se contracta, ses noirs tentacules renforçant l’horreur muette de la scène.

Alors que je regardais mon corps affalé dans la fosse, quelque chose apparu à la périphérie de ma vision. Une femme ailée planait au-dessus des arbres à l’autre bout de la clairière, ses pieds nus flottant à plusieurs centimètres au-dessus de la canopée. Je tentais tant bien que mal de m’orienter. Une visière masquait complètement ses yeux, et des lames étincelantes apparaissaient à la place de ses mains.

Juste à côté d’elle se tenait une jeune fille, pieds nus elle aussi et à peine sortie de l’adolescence. Elle aurait été jolie si elle n’avait eu un regard aussi dur, empreint de tant de violence. Elle était simplement vêtue d’une chemise de nuit qui ondulait au même rythme que sa longue chevelure châtain claire. Elle tenait à la main un vieux fusil. Cela m’évoqua immédiatement cette vieille histoire de bonne femme racontant comment une jeune fille avait abattu tout un détachement de la Légion de la Tempête après que son village ait été ravagé.

« Voici Gisa », annonça l’apparition ailée, tout en désignant de sa lame la jouvencelle. « Les ennemis des dieux tombent devant elle comme des fourmis balayées par une tempête de grêle. »

« Apprends mes secrets, Archer au sanglier, me dit Gisa, et contemple tes ennemis périr à distance. »

« J’ai beau apprécier le spectacle d’un beau carnage, j’ai un corps en phase de décomposition qui m’attend quelque part et je n’ai guère de temps pour m’entraîner », rétorquais-je.

Gisa esquissa un petit sourire et marcha non pas vers moi mais dans moi. Son fantôme s’est dissolu en moi comme un morceau de sucre dans une tasse de thé et ses souvenirs m’ont envahi. Fort heureusement, je ne me suis pas vu, pieds nus et vêtu d’un simple jupon, en train d’abattre des légionnaires.

Alors qu’elle était en train de s’insinuer en moi, j’arrivai enfin jusqu’à mon corps. La chair commençait à s’en détacher et mes os ressemblaient à l’armature saillante d’une très vieille tente. Tout en remuant mes mains, j’entendis le battement assourdissant d’ailes massives qui s’éloignaient.

Un flot putride de zombies, de squelettes et de choses encore plus ignobles se déversait de cette Faille de la Mort, et je devinais sans peine leur destination. Étant fort heureusement d’un naturel plus futé et plus alerte que le revenant moyen, j'arrivai avant eux.

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Le Donjon d’Ombrevictimes m’avait paru plus avenant la première fois que je m’y étais faufilé. Ses remparts s’étaient affaissés tandis que la mousse y avait proliféré et qu’une moisissure écœurante avait envahi les murailles, telle une armée de limaces.

Ce phénomène n’était sans doute pas étranger aux armées de morts-vivants qui pullulaient ici. Des centaines d’entre eux s’étaient amassés dans le donjon central, désormais dépourvu de toit, autour d’un autel rudimentaire. Des runes, semblables à des asticots nécrophages, irradiaient une lueur violacée.

L’autel était surplombé par un calice noir autour duquel mon vieil ami Ulfrid psalmodiait de sa voix puissante et grave. Il était flanqué de six colosses en armure noire. L’un d’eux étreignait d’une poigne de fer un vieil homme, celui-là même que j’avais sauvé des gobelins. Sa charmante petite-fille, en revanche, n’avait pas l‘air d’être dans les parages.

Discrètement, je me mis à escalader une vieille poutre branlante qui surplombait les festivités, en me laissant guider par les réflexes de Gisa. Je suis certes un archer d’exception mais cette fille. . . la rage et le désespoir l’ont transformée en une véritable furie capable d’infliger la mort à sa convenance. Je décochai ma première flèche qui se sépara en trois en plein vol. Silencieux comme un serpent, chaque trait s’enfonça profondément dans la visière étroite des gardes en armure, qui avaient eu, pour l’occasion, la gentillesse de former une ligne impeccable.

Avant même que les trois premiers n’aient heurté le sol, j’en transperçai trois autres. Je passais de poutre en planche, sans m’arrêter, visant à peine, chaque flèche foudroyant un adversaire ou deux.

Les gardes étant trucidés, il n’y avait plus personne pour tenir le vieil homme. Éructant, Ulfrid fit jaillir une griffe magique qui ramena brutalement le vieillard vers l’autel. Ulfrid me visa et les poutres se désintégrèrent sous mes pieds. Je réussi à me cramponner à une protubérance et à sauter jusqu’à une vieille tapisserie avant qu’Ulfrid ne transforme la maçonnerie en bouillie putride à l’endroit précis où je me trouvais. Je n’avais plus qu’à bondir, faire une roulade et me relever prestement, lance au poing, pour balayer les cadavres ambulants qui s’interposaient entre moi et l’autel.

J’émis un long sifflement, si strident que certains zombies faillirent reculer.

« Tu arrives trop tard, Waldemar ! » me lança Ulfrid, des flammes dansant sur l’empennage des flèches fichées dans ses yeux. « Regulos n’attend qu’un signe de ma part ! ». Ulfrid, empoigna le vieil homme, ramena sa tête au-dessus du calice et l’égorgea de ses doigts osseux et tranchants. Le sang grésilla au contact du calice et la pauvre victime s’effondra à genoux en gargouillant pitoyablement.

Une colonne de lumière pourpre jaillit du calice, déchirant la pénombre éternelle du Bois du Crépuscule. Des tentacules noirâtres et dentelées en jaillirent, encore plus longues et épaisses que celles qui sortent habituellement des Failles de la Mort.

« Le Destructeur peut désormais ranimer tous les cadavres du Bois du Crépuscule », gloussa la liche, « ainsi que tous ceux qui tomberont sur cette terre par la suite ! De mon royaume se déversera un flot incessant de chair et d’os. Le seigneur Regulos saura alors qu’il a choisi ses serviteurs avec discernement ! ».

Le premier tentacule explosa subitement comme si il se consumait de l’intérieur et se transforma en un filament à l’éclat aveuglant. Tous les zombies qu’il touchait s’affaissaient avec un petit soupir de soulagement. Je me pus m’empêcher de rire. « La magie de Laria fonctionne ! Tu pensais vraiment que j’aurais laissé traîner un gobelet de ce genre n’importe où sans le trafiquer ? »

« Le calice ! hurla Ulfrid. Il a été corrompu par la magie des Veilleurs ! ».

« Tu l’as dit Ulfrid ! Combien en as-tu tué ? » lui demandais-je tout en criblant quelques squelettes armurés de la tête au pied d’une pluie de flèches qui laissaient une traînée d’éclairs derrière elles.

« Qu. . . Qu. . . Quoi ? ». Vous devriez vraiment entendre au moins une fois dans votre vie la voix d’un squelette en train de bégayer de rage et de stupeur.

« Tes victimes. Lorsque tu étais en vie, combien en as-tu tué dans tes petits rituels ? ». Tous les tentacules étaient désormais devenus d’un blanc éthéré et parfait et fauchaient les mort-vivants comme autant de faux s’attaquant à un champ de blé bien mûr.

« Deux bonnes vingtaines au moins ! À l’agonie… » commença à répondre Ulfrid, mais il fut interrompu par Moe, qui traversa littéralement la porte et se mit à piétiner allégrement les zombies. Elle esquiva l’un des sortilèges du mage et l’envoya rouler jusqu’à moi. Au moment où il atterrissait devant moi, je plantai une flèche dans son orbite et bondit sur l’autel.

« J’ai moi-même perdu le compte autour des cinquante » lui dis-je. « Mais j’en ai eu au moins une centaine. Tu es ma dernière victime et la première qui me fasse vraiment plaisir ». Tout en parlant, je passais l’air de rien la pointe de ma flèche dans le halo d’énergie blanche qui irradiait du calice. Je bondis juste à temps pour éviter l’un des éclairs mortels d’Ulfrid, et tirai le vieil homme avec moi derrière l’autel.

« À propos », lui demandai-je. « Est-ce que le dragon t’a recruté en personne ou est-ce que tu t’es juste réveillé un beau matin en squelette, croyant que tu étais l’Élu ? »

« Ordure ! Vermine ! TAIS-TOI ! » hurla-t-il tout en prenant son envol et en essayant vainement de me cribler d’éclats d’os incandescents.

« Parce qu’il est venu me voir, moi, et que j’ai l’ai envoyé valsé. C’est pour ça que les dragons perdront la guerre, Ulfrid. Regulos a dû se rabattre sur des tueurs de seconde zone. . . »

Tout en vociférant, il plongea sur moi. Une magie mortelle ondulait autour de ses doigts acérés comme des serres. Je n’ai même pas pris le temps de viser mais, cette fois, ma flèche s’enfonça dans son œil et lui fit éclater l’arrière du crâne dans une explosion divine. Ulfrid s’effondra à mes pieds avec toute la dignité d’un sac de purin desséché. « Un morceau de roi pour les dieux. »

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Moe trottina jusqu’à moi pour que je la flatte entre les défenses. « Ça compense presque ce magnifique fiasco face au loup-garou. » lui dis-je. Ce à quoi elle me répondit en grognant.

Par miracle, le vieil homme était toujours conscient. Le calice, saturé de magies opposées, tomba en poussière et les tentacules blancs se rétractèrent. Le dernier d’entre eux effleura sa gorge sanguinolente et lécha sa plaie qui se referma aussitôt. Tout doucement, je l’aidai à se relever et lui tendis une gourde d’eau dès qu’il eut fini de tousser.

« Où sont les autres villageois ? », lui demandai-je.

« La cave du château. . . Je vais vous montrer. La plupart n’ont pas été tués. Les morts-vivants nous ont amenés ici pour le rituel. Ils cherchaient ma petite-fille mais je me suis livré à sa place. »

« Vous êtes un homme courageux », lui dis-je.

« Et vous. . . Les histoires de mon enfance à votre propos étaient fausses, Archer au sanglier. Vous êtes vraiment l’Élu des Veilleurs. »

« Ces histoires étaient vraies. » lui répondis-je. « Et si vous me tombez dans les bras en criant « Mon héros ! », croyez-moi, je vous ferai comprendre à quel point elles l’étaient ! »
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