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Que vous Soyez un Voyageur, une jeune Elue en quête d'aventures ou un simple curieux, Soyez le bienvenu dans notre Antre ... .

Fiers bretteurs, forts en gouaille, fervents disciples de Mariel Taun ou encore pyromanciens dont la passion pour les flammes devient inquiétante, nous aimons affûter nos lames, dépoussiérer nos plus puissants grimoires et partir ensemble, relever les plus grands défis de ces terres ...

Si Partage, Plaisir et Courage sont autant de mots que vous portez en étendard... Si l'envie vous prend de vous investir pour le salut de Telara et le respect de nos valeurs... Alors cessez d'hésiter et entrez .... Votre place est certainement parmi les nôtres ...

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 [INAUG] Le Berceau de Yule

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Mordrahan
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Ven 9 Oct - 17:53

Mordrahan avait laissé le souvenir se déployer dans son esprit, libérant ses images derrière ses yeux clos, distillant les émotions dans son âme et dans son corps. La transe lui permettait de garder juste assez de recul pour observer tout en ressentant, un phénomène de dissociation auquel il était habitué.

Il sourit doucement en partageant les émois de l'enfant rebelle. Il avait été un de ces apprentis séparés très jeunes de leur famille pour entreprendre la formation stricte qui ferait d'eux des sorciers accomplis. Il avait connu cet émerveillement, mais jamais cette crainte de perdre l'intégrité de son pouvoir, et cela maintenait une certaine distance entre sa conscience et la vision.
La scène du jugement le prit par surprise, lui arrachant un cri de douleur autant physique que mentale. La terreur ancrée dans le souvenir le submergea, et ses mains se crispèrent sur le silnam, dont la sphère vacilla, se déformant avant de se stabiliser à nouveau.
Mordrahan connaissait ce rituel, il l'avait déjà vu accomplir, mais le vivre de l'intérieur relevait de la torture. Sa concentration tint bon, les larmes coulant sur son visage sans qu'il en ait conscience, et il fallut la douceur nostalgique des images suivantes pour lentement apaiser son âme envahie de souffrance.
Avec le calme revint la curiosité, tandis qu'il suivait le fil conducteur d'une volonté que l'on n'avait pu réussir à briser.
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Kwali
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Ven 9 Oct - 20:16

Souvenirs pour Navia: (A relier avec la scène du costume)

La fin est proche. Debout, les mains serrées sur son arme, une jeune femme à l'armure déchiquetée lutte contre l'épuisement. Trois jours et trois nuits de bataille ont épuisé ses forces, sa vision défaille, ses jambes ne la portent plus. Proies des oiseaux, combien sont tombés, à son côté, dans les charniers à ciel ouvert?  La jeune femme ne sait plus très bien pourquoi elle se bat, ni ce qu'elle protège. Ses aspirations se limitent à tenir une seconde de plus.  Elle aimerait dormir, ne plus entendre les cris, le bruit du fer contre l'os, fermer les yeux, un tout petit instant. Elle sent une odeur de pain et voit les contours d'une maison dans un quartier portuaire. Les siens l’appellent et lui tendent la main. Un fil se casse. Son arme touche le sol avant elle. Le vent emporte ses parchemins. Elle s'effondre en avant.

*

- Mère, quel est mon talent? Mon frère est plus doué pour l'épée, il fait la fierté de ses maîtres d'armes. Ma sœur enlumine les parchemins bien mieux que moi, elle ne gâche jamais les pigments. Hier, elle a gagné le droit d'utiliser les feuilles d'or. Je n'ai pas le plus joli chant, je n'ai jamais encore célébré le printemps, déclame une fillette aux oreilles pointues et à la mine boudeuse.

Une kelari tisserande coud des pièces de couleur, dans un atelier boisé. Sous ses doigts habiles, des fils invisibles lient un à un les morceaux d'étoffe. Elle interrompt son ouvrage et enveloppe sa fille d'un profond regard lavande.

- Chacun a un talent, assure-t-elle en posant sa paume sur la tête de la fillette. Le tien, c'est de traverser les épreuves. Le monde peut bien changer, les réalités se confondre, tu ne bougeras pas. Ta mémoire ne peut pas être altérée. Tu es un repère, un ancrage, pour ceux qui dérivent et s'écartent du fleuve de la vie. Vois-tu quand on lève les yeux au ciel pour savoir l'avancée de la journée? Il en est de même pour toi. Tu donnes le temps. Tu es comme un petit soleil.

La fierté empourpre les joues de la fillette jusqu'aux oreilles. Sa peine oubliée, elle grimpe sur les cuisses de sa mère, enserre sa nuque et pose son menton dans son cou.

*

La jeune fille trace des enluminures dans une salle d'étude chaude et feutrée. Un grand parchemin vierge, tendu sur un lutrin, recueille ses lignes courbes, arabesques et mosaïques, aux couleurs vives et chantantes. Dehors, la cité qui a bercé son enfance se reconstruit lentement. Des échafaudages rivalisent de hauteur. Des gamins courent, entraînant des cerfs-volants. La fillette se lève et va à la fenêtre. Elle envie leur insouciance et leurs jeux.

Des chaines humaines portent des pierres. Une fois de plus, une bataille a emporté les côtes, faisant s'effondrer les constructions perchées sur les falaises. Une fois encore, la ville se rebâtit bien au dessus du niveau de la mer et les murs d'enceinte s'érigent à la hâte. Nullement conquise malgré les revers et les temps sombres, la Cité continue de forger sa réputation d'être imprenable. Bien en marge des politiques et du temps, des réfugiés de toute race et pays affluent sans cesse par les routes de terre et de mer. La fillette abandonne son ouvrage et court au devant des derniers arrivants, bien décidée à connaitre le nom et le visage de chacun.

*

L'enfant a grandi dans la Cité au dessus de la mer. Sa main droite porte un marteau et la gauche, un parchemin. Ses sacs renferment des secrets, des couleurs, des poudres, des herbes médicinales et autres artifices. La jeune femme n'est guère visible dans la ville. Elle consacre sa jeunesse à épancher sa soif de connaissance et arpente le monde, ramenant  des savoirs à chacun de ses voyages et des présents. Les plus petits guettent ses histoires, les plus grands font mine de s'y désintéresser et tendent l'oreille en douce. Les paysages défilent, leurs nuages et leurs nuances. Dans le fleuve de ses jours, seule la Cité est la constante et le point de retour.

Pourtant, à chacun de ses passages, à chaque fois que ses pas la ramènent à son foyer, la kelari a le ventre qui se noue.

- Un pas à côté, murmure-t-elle en détaillant les reliefs de la ville. La Cité a changé. Un tout petit peu. Oh, diable, ce ne sont pas les maisons ou les gens. C'est quelque chose dans le creux des pierres. Je ne suis pas une étrangère.

Elle grimpe en haut d'une colline et redessine le contour des toits avec le doigt. Puis elle observe les fugaces détails du quotidien. Le feutre, les tissus de couleur n'ont pas la même teinte et texture que dans ses souvenirs. Les courbes des visages ou la gravité des statues. L'horizon marin. Les falaises de craies. Petit à petit, tout est un pas à côté.

- Est-ce le monde qui change? ou mon regard sur lui? souffle-t-elle en regardant ses mains.

*

La jeune femme se tient devant une assemblée, le visage grave, les mains serrées sur ses symboles. Un sorcier brisé au regard d'or. Une forgeronne aux bras constellés de pierre de source. Son ombrageux apprenti, dans son dos. Et d'autres visages indistincts. Les décideurs et architectes de la Cité. La pièce est sombre, dans les profondeurs de la vieille ville. La kelari pose son marteau et son parchemin puis prend la parole d'une voix tremblante.

- Je vous en conjure, croyez moi. Notre Cité glisse doucement, heure par heure, vers une histoire autre. Des forces dont j'ignore la nature refont notre passé, effacent nos livres, fauchent les vies de ceux qui s'y penchent, érodent doucement vos mémoires, lissent les incohérences. A chaque fois que la ville tombe, c'est à dessein. Chaque bataille est un artifice. On nous laisse croire à la victoire. Je suis un témoin impuissant du temps qui file et dévie de son cours. De grâce, croyez moi sur parole, je n'ai pas de preuve à vous donner.

- Alors il faut briser ce damné engrenage, répond une voix chaude dans l'assistance. Vos mots sont fous mais votre regard ne ment pas. Je marche avec vous.

*
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Moystia
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Ven 9 Oct - 23:07

Le panneau de Moystia dans sa tour s'est enrichi d'une nouvelle fiche griffonnée de notes:

- Rendre sa forme physique à la pierre de source ne lui rend pas sa résonnance
- Refermer les fissures ne la fait pas se ressouder les fragments
- La pierre avait une sensibilité psychique, sa capacité à réagir à la chaleur y était surement liée
- Le complexe n'alimentait pas la pierre de source, il en maintient juste les propriétés.
- La pierre actuellement n'a pas d'autre propriétés qu'une pierre de source standard

Plus bas quelques lignes ont été ajouté:

- Le GPS une fois harmonisé au fragment ne trouve rien d'autre que de la pierre de source standard
- Mordrahan semble penser que les pics du pin de fer sont importants
- Forte concentration de pierre de source brute détectée sur la crête sud des pics

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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Sam 10 Oct - 13:47

Moystia avait profité du lever du jour pour redescendre dans le complexe. Mordrahan avait assuré que les souvenirs étaient la clé du mystère et la jeune sorcière ne pouvait se défaire de ce sentiment de frustration teinté de jalousie de n'avoir pas pu elle aussi partager le savoir d'une des âmes ancestrale. Le complexe n'était pas détruit elle en était maintenant certaine! Les souvenirs étaient encore là, quelque part.. cachés sous un mécanisme de défense.

Les murs avaient pourtant la même texture qu'auparavant et ne renvoyait rien d'autre que l'image d'une surface lisse d'eau : un lac au fond duquel se terraient les souvenirs.

Moystia pose ses mains et son front contre le mur, vidant son esprit pour l'aligner à la douce vibration de la surface du lac. L'eau qui descend du plafond coule sur ses bras et se mêle dans ses cheveux mais la jeune elfe n'y prête pas attention, seule la surface du lac retient sa concentration alors que la jeune elfe tente d'y plonger la main. A son contact, un bruit détonnant, une pensée extérieure vient briser sa concentration. L'image du lac s'efface peu à peu alors que le passage lui ai refusé.

Mais Moystia ne se laisse pas vaincre si facilement! Alignant de nouveau son esprit avec le lac, elle laisse ses doigts passer à travers la surface, très lentement le cœur gonflé de paix et de curiosité. Et le lac la laisse s'immerger doucement alors que des lueurs commencent à apparaître derrière la barrière de ses paupières. Le fond du lac est tapissé de bulles, comme des cailloux ronds dans un ruisseau, remplis de souvenirs chatoyants. La jeune femme en voit les contours mais chaque mouvement dans l'eau pour s'en rapprocher semble les éloigner. Il semblerait qu'une force les retiennent au fond, empêchant les souvenirs de venir éclore à la surface et gardant le complexe fermé aux intrus. Désespérée, Moystia tend les mains vers l'origine de cette force, essayant de comprendre son refus de s'ouvrir.

La réponse est violente alors que l'impression de noyade la submerge, l'eau semble infiltrer ses poumons et la connexion se brise, renvoyant Moystia a son point physique face au mur alors que la chaleur des bulles s'efface lentement.

L'elfe se laisse tomber contre mur, incapable de retenir ses larmes de frustration devant son nouvel échec. Elle ne souhaitait que voir une histoire, comme les autres! Donner elle aussi vie à un souvenir! Pourquoi le complexe la rejette? N'est t'était t'il pas clair qu'elle ne souhaitait pas sa destruction?

Perdue dans ses pensées, Moystia s’aperçoit au dernier moment qu'une bulle semble avoir bravé la force qui la retenait pour s'avancer en luttant contre la surface menaçant à chaque instant de se faire engloutir par la chape de protection. Tendant les doigts une dernière fois, Moystia effleure sa surface et laisse la mémoire l'envahir avec un grand sourire. Le souvenir s'engouffre dans son esprit alors que les murs redeviennent froids et durs. Le silence du complexe n'est brisé que par la légère respiration de l'elfe lovée au pied du mur, perdue dans un souvenir empreint de lutte, de révolte et d'espoir.

[Toute personne qui descend dans le complexe aujourd'hui trouvera Moystia assise dans le noir au pied du mur à gauche de l'entrée et comme perdue dans un état de méditation avancée.]

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Kwali
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Dim 11 Oct - 10:07







(Rappel: rdv ce soir pour la suite de l'event à 21h)

Voilà quelques éléments supplémentaires :
La zone donnée par la colonne, lorsque ses crans se sont figés :



(Pour les suites des histoires, Mordrah, Agonisse, Navia, Ery ça arrive! je manque juste de temps!)


Souvenir pour Atys :

- Petit homme, bientôt est mon antre. Un endroit où la nuit et le jour se confondent. Laisse ton histoire et tes bosses à l’entrée, elles n’y ont pas leur place. Marche doucement. Respire dans mon souffle. Ne fait pas trop de bruit. Ne dérange rien. Je suis forgeronne.  Je répare des lames et des cottes.  Oh, tu peux te gausser de mon allure. Je sens ton regard sur mes bras peu épais. Je ne forge guère le métal. Je façonne la lumière.  Cela ne pèse rien.

La kelari au loup marche sans se retourner. Elle sait que le garçon l’écoute et prend son silence pour un assentiment. Elle l’entend peiner à gravir les flancs montagneux, ses courtes jambes s’enfoncent dans la neige fraîche jusqu’aux cuisses. Un milan s’envole d’une souche éventrée. Son loup lui donne la chasse quelques bonds puis se ravise, grondant sourdement entre ses crocs. La kelari  continue sa route vers la ligne de crêtes  en regardant la neige tomber doucement. La présence du jeune humain la rassure, même si elle lui présente son dos et qu’il brûle d’hostilité. Elle lui rappelle la Cité et son appartenance au monde des hommes.

- Quand nous serons là bas murmureras-tu ton nom ? Oh, pas pour moi, il m’importe. Mais les glaces ont la mémoire des jours.  Elles aiment ce qui chante et sonne, et je suis sûre que ton nom est beau.

*

Un lit de braises bleues, caché dans une petite maison de pierre. Des étagères de bois abritent quelques outils et une fine couche de givre. Un pan de granit recueille les morceaux d’une lame brisée. Il n’y a pas de lanterne. Le feu bleu des forges éclaire comme en plein jour. La kelari dégrafe les attaches de ses fourrures et salue l’endroit à la façon d’un vieil ami.

-  J’ai ramené quelqu’un, il n’est pas très loquace, sourit-elle en effleurant la source du bout des doigts. En quatre jours dans les montagnes, je ne l’ai  entendu parler qu’une fois, alors qu’il dormait.  Je crois que l’éveil ne lui sied pas et vole ses mots.

Le visage du garçon s’assombrit, il la regarde par en dessous et serre les poings. La kelari au loup pose le doigt sur ses lèvres, lui lance une couverture, un bol  et ses vivres secs, puis  s’en désintéresse.  Elle entend les objets tomber au sol dans son dos.  Lentement, la jeune femme s’approche du bac de forge et fait courir sa main sur la pierre de source, liquide et magmatique au centre, dure et effilée sur les bords. Un frisson d’attente, qui précède la création, la parcourt. La lumière joue avec ses cicatrices, réagit à son esprit, ses doutes du moment, la chaleur de ses paumes. La kelari pense à son loup, dehors, et ses courses dans la neige. Elle chasse avec lui quelques instants et ses pensées pesantes s’envolent. Alors elle commence à forger. La lumière se courbe à ses impacts. Des étincelles bleues, libérées de leur prison de cristal, volent dans la maison. Son esprit enrobe, martèle, façonne. Elle entretient le feu des forges comme celui d’un âtre. Ses mains ne sont qu’un outil, un garde-fou, quand ses idées dérivent ou que la fatigue fait dévier ses gestes. Lorsque le feu froid est au point de fusion, partout égal, d’un bleu pur presque blanc, la kelari haletante se saisit des morceaux de la lame brisée et les lie ensemble comme autrefois la source avait comblé le vide de ses blessures. Elle pose l’épée entière et pleine, au métal constellé d’écheveau de cristal, sur la pierre, et reprend son souffle. Elle s’adosse contre un mur, des points lumineux gênent sa vision. Lorsque son esprit s’en détache, le lit de source devient couvant et plus sombre.

- Encore, murmure la voix rauque du garçon dans son dos.

La jeune femme sursaute, comme si le monde et lui existait à nouveau. Elle se tourne vers son hôte. Le garçon a le regard embué de larmes, captivé par les lueurs. Il ne respire plus, comme s’il attendait de les voir à nouveau.

- Je ne peux pas, je n’ai plus de force, souffle-t-elle en prenant sa main et en l’approchant de l’aura des sources, pour que les lumières réagissent à la sienne. Mais je t’apprendrai.

*

Souvenirs pour Moystia :

Une enfant elfe se tient devant un grand arbre penché, surplombant des falaises partiellement effondrées. Ses racines plongent dans la pierre et la fendent, tendues vers l’eau, arrimées à la terre. Les mains de la fillette tiennent une boite de bois, gravée de fleurs et rehaussée d’un liserai d’argent. Elle s’agenouille, écarte les cailloux, creuse la terre rendue meuble par un peu de pluie, et y enfouit son bien. La fillette se relève en serrant les poings, ses résolutions prises.

-  La Cité que je construirai ne tombera pas ! hurle-t-elle au champ de ruine. Les maisons ne seront pas soufflées, les falaises mangées !  Mes murs seront si solides, que le feu et le fer glissera dessus ! Mes remparts tiendront un siège de mille jours !

*

L’enfant pleure dans son lit, cachée sous ses couvertures. Les guerres incessantes emportent les siens un à un. Son grand-père. Son père. Son oncle. Son cousin idiot. A chaque épisode sanglant, le chef de la maison des Bâtisseurs s’éteint, parfois assassiné dans son lit, parfois à se battre sur les remparts qu’il a fait construire. Bientôt, il ne restera qu’elle et elle supplie le temps de la rendre plus grande. Ceux qui restent et survivent,  - famille, artisans et commis - souffrent de l’opprobre. On les accuse d’avoir déformé les plans, laissé des failles dans les murs. On met les pertes sur le dos des constructions qui n’ont pas tenues. On parle d’intrigue familiale et de luttes de pouvoir pour expliquer les assassinats. Aucun mot de front, aucun procès. Mais l’enfant sent bien le regard de ses pairs, lorsqu’elle joue dans la rue.

*

Les saisons défilent, dans la Cité au dessus de la mer. La petite elfe se réfugie dans la bibliothèque de sa famille et engloutit les livres. Elle a laissé ses jeux et ses joies d’enfant dans la boite, cachée au pied de l’arbre penché. De temps en temps, elle va l’ouvrir, pour s’assurer que ses rêves y sont toujours. Des images de maisons, de murs runiques, de forteresses naines, de colonnes soutenant le ciel, peuplent ses songes. Elle dessine, au matin, chaque trouvaille que la nuit lui donne.

Le décor de la bibliothèque glisse doucement, les bougies s’y consument, les livres lus changent de place,  le bois des étagères prend une légère patine, le champ de vision gagne en hauteur, le ciel à la fenêtre passe par toutes les nuances.


*

Une vaste nef, à moitié à ciel ouvert. D'élégantes treilles de bois, portant des grappes de jasmin, laissent passer le vent et la lumière à l'intérieur. Des habitants curieux se pressent pour voir l’intronisation. Des hauteurs du bâtiment, à travers une vitre cerclée de fer, la jeune elfe tremble d’appréhension en détaillant la foule.

- Que vais-je leur dire ? S’inquiète alors que des mains habiles agrafent sur ses épaules un élégant costume pourpre et argent.

- Allons, relevez votre menton, s’amuse une tisserande au regard lavande en effectuant les dernières retouches. Et redressez votre dos. A-t-on  seulement vu plus jeune Architecte ? Ces gens voient en vous un espoir.  Vous représentez votre maison et la somme de siècles de connaissance.

*


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Mordrahan
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Dim 11 Oct - 18:57

(Pour justifier la réunion de ce soir, et suite à la demande de Kwali, Mordrahan va faire le lien initial entre tous ces fragments d'histoire, en convoquant tout le monde)

*un message calligraphié d'une écriture nerveuse et élégante est punaisé sur le panneau d'affichage de la Cité*

Compagnons,

Pour faire avancer nos recherches sur le passé de notre Cité, je vous invite à une réunion ce soir à la bibliothèque de la Cité.
J'invite tous ceux qui ont été en contact avec les mémoires du complexe de source à venir conter leur histoire, et ceux qui désirent se joindre à nous dans cette exploration commune sont également les bienvenus.

Mordrahan.
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Kwali
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Mar 13 Oct - 23:39

- Résumé -


( Petit résumé de  la soirée du dimanche 11 octobre, afin de ne pas perdre le fil! Les suites des souvenirs arrivent bientôt! Normalement, nous rejouerons le dimanche 1 novembre en jeu, d'ici là, les études , réactions aux infos, peuvent se faire via forum Wink )

Répondant à l'appel de Mordrahan, des compagnons de l'Ordre convergeaient lentement vers la salle commune. La bibliothèque était animée, ce soir là, loin de l'ambiance studieuse et calme qui y régnait d'habitude. Eternitus, un corniaud sur les talons, subissait les foudres de Moystia. L'animal avait de quoi user la patience de la jeune femme. ll dégageait une odeur à faire fuir un mort, engloutissait les saucisses des cantines et se soulageait allègrement sur les parterres fleuries du bâtiment. Kwali tentait de couvrir le nouveau duo - Le pirate et son fidèle compagnon à puces - comme elle pouvait, et remplissait ses poches de nourriture en profitant de la diversion. Navia avait subi une chute spectaculaire dans les escaliers pour tenter de mettre un terme au joyeux spectacle... La vieille bibliothèque ne connut un peu de paix que lorsque Eternitus et Kwali partirent acheter des vêtements chauds pour le grand bahmi. Il convient de noter que les goûts vestimentaires des deux jeunes se sont démontré particulièrement précaires.

Finalement, Mordrahan et Moystia rassemblèrent  les présents autour de thé et de petits gâteaux, et il était temps de parler sérieusement. Le sorcier invita chacun à exposer un aperçu des mémoires recueillies dans le complexe. Atys présenta la forgeronne de son souvenir. Elle évoqua son savoir-faire, le lien avec son loup et le caractère protecteur de celle-ci. L'association entre l'apprenti humain vu dans le souvenir et celui qui avait servi de guide à Kwali lors de sa course semblait évidente. Agonisse aborda sa première impression et la seule scène que lui avait donné le mur: une bataille dans la neige, entre un frère et une sœur. Lorsque vint le tour de Lathanya, la jeune eth déclara n'avoir pas reçu de transmission à ce moment, mais un éclat de curiosité dans son regard laissait entendre qu'elle irait rôder parmi les vieilles pierres.  Navia avait l'air particulièrement mal à l'aise, exposant qu'elle n'arrivait pas à dissocier ses propres souvenirs, de ceux du mur et besoin d'aide à ce sujet. Kwali, à son grand regret, expliqua n'avoir eu qu'une vision extérieure d'un des protagonistes - l'apprenti-forgeron -, le voyant à le toucher, marchant dans son dos, et reproduisant ses gestes alors qu'il allumait les feux des creusets. Mais pas d'histoire. Eternitus parla du cœur du complexe un court instant, mais ne sembla pas être entendu. Moystia concéda avoir tout fait pour entrer en contact avec les murs et recueillir une tranche de vie, et expliqua ses premières images: celles d'une elfe issue d'une longue lignée de bâtisseurs - prenant ses fonctions en tant qu'architecte. Elle observa aussi que malgré ses efforts, aucune trace historique n'avait pu être trouvée dans les plus vieux ouvrages de la Cité. Mordrahan résuma avec difficulté la mémoire qu'il avait partagé: les début de vie d'un sorcier eth, ivre de liberté, qui se voit privé de ses dons par un rituel terrible. Au terme d'un exil, il a trouvé refuge dans la cité en reconstruction et chercher à contourner ce destin. Eryzakka conclut le tour de table, en expliquant avoir réussi un contact avec un reste d'esprit, né de l'hiver, qui scellait et protégeait les mémoires. Elle évoqua une transmission de savoir et de rôle, à son sens, ainsi que l'image d'un glacier bleu et pur, loin dans le nord.

Tout convergeait vers les Pics. Les calculs de Mordrahan. Les monts blancs d'Atys. Les recherches sur la présence de source de Moystia. Le glacier d'Eryzakka. La zone potentielle se réduisait à une large zone australe, en frontière avec les Gorges et les Bois du Crépuscule. En peu de temps, le groupe rassembla et gagna le Choeur du Labeur. Ils traversèrent les lacs gelés jusqu'aux Chutes de givre et commencèrent les recherches par la Marque des mages. Pour Atys, la vision des lignes de crêtes était familière, mais la kelari ne parvint pas à retracer un chemin, perdue dans ses souvenirs et ceux de la forgeronne. Un loup gris s'approcha d'elle alors que le groupe faisait une halte et sembla ne plus la quitter, rajoutant à la confusion. Finalement, Eryzakka sentit l'émanation du glacier quelque part dans les monts et remonta jusqu'à lui sans hésitation.

Le groupe se tenait dans une petit cuvette. Un milan noir s'envola alors que les derniers se pressaient. En déblayant la neige, s'est révélé un glacier, veiné d'un bleu profond. La glace était terriblement dure, éternelle, comme le manteau d'hiver des Pics. La creuser ne risquait-il pas d'endommager le glacier et rompre un équilibre?  

Alors que la fille de la mer y posait ses mains, la glace changea d'état. Le bleu prit un ton plus vif. L'eau du glacier se mit à ruisseler, comme une fonte des neiges au printemps, jusqu'à dégager un passage. Les profondeurs d'une crevasse, scellées par le temps, s'ouvrirent sur une faille abyssale. Se faufilant dans la brèche, le groupe parvint jusqu'à un large pont de glace, suspendu au dessus du vide. Dans le creux du glacier, protégé des vents, le froid était doux. La glace avait des reflets irisés, tirant vers l'orange et le jaune des petits matins. Ces lueurs, aurorales et prisonnières, filaient dans les parois. Les bruits étaient assourdis. Dans l'espace vaste et fermé, isolé de l'extérieur, les énergies s'écoulaient lentement, à la façon d'une fonte des neiges, tamisées et sans heurts. Après quelques péripéties - Le lancer de Kwali par dessus un précipice par Eternitus, puis la chute de celui-ci et sa téléportation malheureuse pile sur Moystia - les compagnons progressèrent vers le fond de la crevasse.


Une construction de pierre se tenait bientôt sur leur passage, enchâssée dans la glace, légèrement en hauteur. Elle semblait intacte et épargnée par le temps, comme si on venait de la quitter hier. Nulle porte n'en interdisait le passage. Le groupe s'avança, alors qu'Atys reconnaissait le lieu dans sa mémoire recueillie. L'intérieur était celui d'une petite forge. Un creuset rempli de pierre de source, cristalline sur les bord du bac et tendant vers la fusion en son centre, éclairait la pièce. Une fine épaisseur de givre saupoudrait les vieux outils, prêts à l'emploi. Deux couches sommaires paraissaient encore défaites. La glace bleue semblait avoir figé l'habitation hors du temps. Atys se fondit dans les gestes de la forgeronne et, ciselant la lumière et la source, la kelari fit bientôt naître dans ses mains une petite broche.

Les mages pressentaient que l'origine des énergies ambiantes se trouvaient bien plus bas. La marche vers les profondeurs reprit bientôt. Au cœur du glacier, patiemment, s'écoulait la pierre de source. Elle filtrait le long d'une large veine de glace et emplissait un petit lac. Les lueurs habitaient le fond de la crevasse et étaient partout présentes, dans les voûtes et les alcôves de la grotte naturelle. Dans son état, liquide, à la façon des rivières de source des contes, le magma bleu semble porter des milliers de potentialités et de promesses d'avenir. Il apparaît non marquée par les plans et dormant tranquillement dans le silence du glacier.

Après de brèves expériences et un instant de contemplation, les compagnons de l'Ordre décidèrent de rentrer. Il fallait encore trouver un moyen de transporter la pierre de source dans cet état naturel, sans perdre ses propriétés singulières. Comprendre le rôle de contenant de la glace, qui semble capturer les lueurs des matins d'autrefois. Trouver un protocole à même de restaurer le complexe dans son ensemble. Mais ceci semble l'enjeu d'un prochain voyage, nécessitant sans nul doute un temps d'étude. Eryzakka scella derrière elle le glacier et tous rentrèrent à la chaleur de leurs foyers.
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Kwali
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Jeu 15 Oct - 20:22


Suite pour Mordrahan:

- Vous n’êtes pas une arme.

Le garçon eth se fige aux derniers mots. Il se tient dans un atelier de pierre brute, seulement éclairé par un âtre rougeoyant. Une kelari aux bras constellés de pierre de source lui fait face. Sa peau a la couleur de l'ardoise. Dans ses yeux habitent une lueur sauvage, venue du fin fond des temps, contrastant avec la jeunesse de ses traits. Ses cicatrices bleues luisent doucement. Une pointe de colère met tout son corps en tension.  Le sorcier en exil hésite. Il pressent qu'un mot de trop, et son interlocutrice fermera sa porte.

- Forgez mon âme, souffle le garçon eth d'une voix chaude. Oubliez l'image que vos yeux se font de moi. Je sais que vous pouvez tout lier. La pierre. Le métal. La chair. Mon âme est en morceaux.
- Vous n’êtes pas une arme, répète lentement la kelari en se rapprochant de lui. Mon art ne façonne pas les vivants. Chérissez votre vie.
- Je ne suis plus vivant. Je suis mort au jour où ma magie s'est tarie. Je veux bien être une arme, si cela soulage votre conscience. Vous, on dit que vous avez offert vos mains à la Cité, enfant. Combien d'années, à armer les bras, à protéger les flancs, à réparer ce que la guerre brise? Vous savez voir et façonner ce qui est intangible. Forgez mon âme, liez ce qui a été défait. Une seule fois.
- Mais je ne peux pas! s'emporte la jeune femme. Mon savoir-faire ne sauve personne! Il ne vous rendra rien! Vous courrez après des chimères!

Le garçon eth se tait quelques instants et observe les détails de l'atelier. Les outils sont rangés soigneusement mais un peu de poussière fait comprendre que l'endroit n'est pas souvent fréquenté. Il présume que l'apprenti-forgeron a l'oreille collée contre la porte et suit les éclats de voix.

- Je ne suis utile à personne, murmure le jeune sorcier, sinon à raconter des histoires aux veillées et effrayer nos compagnons. Je pourrais enseigner, transmettre mon savoir et faire vivre ma magie dans les mains d'un autre. Mais c'est impossible. Mes idées ne s'associent plus, je ne peux plus créer. A chaque fois que j'essaye, je ne ressens que le vide. Plutôt renoncer, que transmettre un demi-savoir, faussé par ma folie. Ce que je vous demande, c'est de tracer sur moi des lignes claires, de source, à la façon des fils de cristal qui sous-tendent chacune de vos créations. Imaginer un sillon gorgé d'eau et ses affluents qui serpentent, cachés de la vue, souterrains. J'ai fait le dessin dans un instant de lucidité. De grâce, regardez le au moins.

La forgeronne s'en empare d'un geste vif et s'assombrit en détaillant le schéma.

- Vous voulez substituer la pierre de source à votre sang? articule-t-elle en retournant le dessin plusieurs fois.
- Non. Seulement avoir un support qui puisse tout conduire, dans mes membres. Une nouvelle trame. La magie est du vent et des images, mais pour l'esprit confus des hommes, il faut une feuille, quelque chose sur laquelle s'appuyer, qui borde la création.
- Vous ne générerez rien. Vous ne pourrez pas alimenter votre canevas.
- J'emprunterai au monde. Je modèlerai les énergies externes pour les re-transformer à mon vœu.
- Vous serez à la merci du premier mage que vous croiserez. Un artefact ambulant! La première âme mal intentionnée relaiera ses pouvoirs par votre corps. Et privée de vos mannes et de vos défenses naturelles, vous n'en serez qu'un témoin impuissant!

Le garçon eth s'interrompt comme si le danger évident ne lui était pas venu à l'esprit.

- Je trouverai un moyen, grince-t-il sans desserrer les dents.
- Et qu'en savez vous, de la réaction de la pierre de source à votre contact? Regardez les mains de mon apprenti. Cette puissance porte tous les possibles, mais laisse des lésions. Des traces.
- Je cours le risque. N'a-t-elle pas soigné vos blessures par le passé?
- Non. Seulement comblé le vide et soulagé la douleur. Et je persiste à croire aujourd'hui, que j'ai eu de la chance.
- Mon corps est neutre et coupé des plans. Les risques d’interaction chaotiques ou dangereuses sont moindres.
- Vous ne serez plus humain.
- Oh, si, rit doucement le garçon eth. Plus que jamais. L'humain réside dans les rêves un peu fou. Il dort au côté des chimères.

La kelari soupire et range le dessin dans le revers de ses vêtements.

- Soit. J'essaierai. De toute façon, si je refusais, vous iriez sans doute courir des voies plus controversées encore. Nous quittons la Cité pour quelques mois et remontons vers le froid. Préparez vos affaires et tenez vous prêt à partir demain matin.



*



Suite pour Atys:

La kelari au loup pleure sur la pierre, alors qu'elle forge à la lumière d'un creuset bleu. Les glaces impuissantes et silencieuses l'observent. La jeune femme ferme les yeux et continue son ouvrage. Ses mains martèlent conjointement une âme humaine et la puissance des sources. Elle sait à l'écho du premier coup qui a résonné dans le glacier, qu'il faut aller jusqu'au bout de son oeuvre.

- Un pas de trop, murmure son esprit tandis qu'elle lutte pour garder son calme, c'est un pas trop loin.

La glace vibre et semble se plisser à chaque impact. Les lueurs des matins d'autrefois se cachent. Son apprenti est pétrifié dans un coin, le dos contre le mur, et tremble de peur.

- Petit homme. Toi qui un jour protégera ces feux là, garde-toi de toucher aux vivants, quelque soit la raison, même la plus valable à tes yeux. Quand mes gestes heurtent cette âme, la mienne hurle en écho. Si nous ne posons pas nous même nos propres limites, qui le fera? Regarde, comprends, mais ne reproduis jamais. Promets-le, s'il te plait.
- ...
- Lorsque j'aurai fini ce travail, quelque en soit l'issue, je poserai mon marteau. A toi de veiller le feu. Et les gens à l'ombre des remparts. Tu es presque un homme, et un artisan habile. Quoi que tes gestes sont encore trop rudes et imprécis. Oh, n'aie crainte, je ne renonce pas à ma voie. Je partirai un petit moment. Savoir qui je suis, quand on enlève mes outils et mon rôle. Que reste-t-il? A réaliser les rêves des autres et leur donner une forme, même grossière, dans la pierre et le fer, j'ai oublié les miens.
- Non, gronde l'apprenti en se détachant d'un petit établi. Je ne veux pas.
- Idiot, n'en as-tu pas assez d'entretenir les braises et ranger les outils? Saisis ta chance et forge.
- Non.
- Nous sommes au seuil d'un bien sombre temps, et la Cité va avoir besoin de nous. Hantée par cet ouvrage, je ne ferai rien de bon. Veille les feux. Qu'ils ne s'éteignent en mon absence.
- Maudit soit cet homme et son désir capricieux, énonce l'apprenti d'un air sombre. Il vous ravit. Puisse-t-il se noyer dans ses rêves de puissance.
- C'était mon choix, rappelle la jeune femme d'un ton dur. Et tu ignores son histoire. Ces mots n'ont pas leur place.

La kelari est livide. Elle supplie son bras de ne pas trembler, alors que la lumière ciselée de la source coule entre ses doigts. Des fils bleus pleuvent sur le corps inerte d'un jeune homme eth, étendu à même son plan de travail. La lueur bleu irradie par toutes les pores de sa peau. Pris d'un délire fiévreux, il appelle les siens dans un murmure, des noms s'échappent de ses lèvres, alors que ses membres tressautent à chaque saccade de la forge mentale. Un nouvel impact le soulève d'un empan, il retombe lourdement sur la pierre froide. Ses yeux or ne voient plus. Sa peau brunie par le soleil est parcourue de dessins et de lignes, comme un vaste tatouage à l'encre noire.

- Cinq lignes bleues. Pour relier les morceaux de son âme et son corps, halète la jeune femme en empoignant une aiguille effilée. Lie. Tu l'as déjà fait mille fois. Grave. Retiens ton souffle. Relie les points.

Elle redessine le tatouage d'un seul mouvement, sans un instant d'hésitation. La peau bleuie du garçon eth s'ouvre, les chairs s'écartent sans épancher leur fluide. La forgeronne se saisit d'une louche en pierre, fendue d'un mince trait, et déverse la pierre de source liquide en un long filet bleu dans les canaux. Le magma se loge dans le vide et suit les lignes parfaites. Le froid soude la peau du garçon à la source.

La vision de la kelari se trouble. Elle ne voit plus que les lueurs bleues et les lignes du dessin.

- Ce n'est pas fini, gémit-elle en luttant contre l'épuisement.

Sa volonté se bande, alors qu'elle relie un à un les fils de lumière au tracé physique. Un instant, elle entrevoit le veinage complexe qui court dans les membres du garçon, redessinant les contours de sa silhouette. Une trame bleue, fine et intangible, contrastant avec les épais sillons de la surface. Un vaste système circulatoire, dont le tatouage est la fenêtre.

- Glaces aux lueurs d'autrefois, pardonnez mon offense, songe intensément la kelari. Je n'appartiens aux Faiseurs et ne veux me substituer à ceux qui dessinent les monts et les nuages. Je veux seulement que les miens ne souffrent pas.

Le dernier fil se lie, la puissance des sources, égale et fluide, irrigue les membres et l'âme du garçon eth. Un mouvement, une respiration, se crée dans son corps inerte. La kelari s'effondre. Elle voit les bras de son apprenti la retenir puis cède à l'inconscience.



*
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Navia
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Ven 16 Oct - 23:09

Sur le panneau d'affichage de la place, tout près de la note de Mordrahan, vous pouvez lire écrit en encre verte :

Compagnons,

Je sollicite votre aide pour élucider les mystères qui me hantent... J'espère que des yeux nouveaux pourront identifier les souvenirs étranges qui se cachent parmi les miennes... et, qui sait, trouver des pistes sur la disparition de mon mari.

Je vous invite donc à me rejoindre ce dimanche soir à 21h00 sur l'Eternitus, pour un voyage dans les brumes de la mémoire.

Cordialement,

Navïa


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Mordrahan
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Ven 16 Oct - 23:27

Mordrahan s'arrête devant le panneau, et lit le message. Ses lèvres se pincent un instant, puis il hoche la tête et murmure pour lui même:
"Les images valent plus que tous les mots dans le cas qui nous intéresse... mais nous allons tous y laisser des plumes..."

(HRP:partant... et Mordrahan veut voir ce qu'Atys a vu^^)
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Kwali
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Sam 17 Oct - 21:26

(Hâte de venir partager vos souvenirs, Navia! Voici le début du souvenir d'Agonisse, je sais c'est terriblement classique mais j'aime les histoires intemporelles!)

Souvenir pour Agonisse:



- Maintenant! grogne un petit garçon en s’arque-boutant pour hisser sa sœur sur le rebord d'une fenêtre.

La fillette aux joues rouges tombe de l'autre côté en étouffant un cri, amortie par une épaisse couche de neige. Un paquet tombe du toit sur sa tête, elle se retient de rire et tape ses habits de ses moufles. Le gamin prend son élan et saute à sa suite. Tous deux s'échappent par la lucarne d'une petite masure isolée et filent en courant. La neige tombe à gros flocons.  Le ciel tire vers l'acier et emporte doucement les montagnes voisines. Leurs surcots de grosse toile et leurs peaux retournées les protègent à peine du froid mordant.

Le petit garçon laisse de l'avance à sa sœur. Elle virevolte, les bras tendus, la bouche ouverte, riant de toutes ses dents manquantes. Ses yeux pétillent de malice et de vie, alors qu'elle se retourne pour toiser son aîné et railler sa maladresse. Le gamin fait mine de l'attraper et, au dernier moment, se ravise. La petite s'enfuit avec un gloussement de plaisir. Soudain, elle fait volte-face et décoche à son frère une épaisse boule de neige. Interdit et vexé, le petit humain s'ébroue comme un chiot et s'empourpre. Il se penche et prépare gauchement sa riposte. Une guerre terrible s'engage, sous le regard sentencieux des vieux monts. Dans le feu de la bataille, le gamin se révèle plus adroit, il dévale les talus, fait de toute bosse ou arbre creux, une opportunité. Le jeu ne voit une trêve qu'aux cris de leur mère qui, mince silhouette sur le seuil de sa maison, appelle ses enfants. La fillette se cache derrière son frère et lui emboîte le pas. Le bois sombre de la masure et la fumée de l'âtre saillent des champs blancs. Le gamin dépasse sa mère, penaud, tandis que sa sœur se retient de rire. Leurs cheveux gouttent sur le plancher de la bicoque.

- Trempés jusqu'à l'os! s'insurge leur mère en les déshabillant d'un tour de main et en les frictionnant avec une brassée de paille. Vous allez attraper un mauvais froid tel, qu'il va vous clouer au lit jusqu'au printemps!

Le petit garçon lutte pour la forme. Il enfile une pièce de laine appartenant à son père et retourne les manches jusqu'aux coudes. L'habit lui arrive aux genoux. Sa sœur vient quêter la chaleur de l'âtre, en présentant ses mains. Ils échangent un regard complice et se réchauffent à la flamme.

*

Un repas dans le silence, seulement rompu par le raclement des cuillères contre le bois. La cuisine, unique pièce à vivre, est jouxtée par une étable. La chaleur et la moiteur des bêtes réchauffent la petite maison, et des couches en mezzanine. Le petit garçon a les yeux rivés sur son bol, appliqué et méthodique. La soupe est claire, épaissie par un peu de pain. Le père des deux enfants se lève pour jeter une poignée de bois sec à l'âtre mourant. Son bras gauche pend comme une aile brisée et son bassin semble de guingois. Il a un air de vieux soldat, au corps usé par le fer. Ses mains tremblent alors qu'il ne le voudrait. Son visage est barré d'une cicatrice qui a sectionné l'arrête de son nez. Chaque mouvement semble un effort, il expire bruyamment, d'un souffle grave et venteux. Sa compagne a une douce mélancolie dans chacun de ses gestes. Elle ne fait pas de bruit et glisse, sans heurt, du repas à l'âtre. Leurs visages sont flous, aux détails imparfaits, il ne reste que leurs différences.

La fillette se raidit, se tend, et décoche un bon coup de pied dans les tibias de son frère, tout en se gardant de bouger le haut du buste. Le gamin grimace et riposte en aveugle alors que la petite cache son visage hilare derrière son bol. La chèvre et la vache de la famille hurlent de concert, lorsqu'un gros coup de vent s'écrase contre la porte de l'étable.

- Fils, souffle soudain le père du garçon. Demain, tu te cacheras dans le cellier, sous le bois. La mère t’amènera à manger. Je ne veux pas t'en voir sortir. Compte les fagots, récite toi les prières, fais ce qui te chante, mais garde-toi d'en bouger. Et toi, la petite, tu n'ouvres pas! Demain, ton frère n'existe pas!
- Pourquoi? ose la fillette de sa voix haute, quand la question brûlait les lèvres du petit garçon.
- Le royaume enrôle pour l'armée. Ils prennent les marmots en âge de tenir une épée. Et ton frère parait plus vieux qu'il n'est, avec ses guibolles qu'en finissent pas de pousser. Ils ont volé le fils du vieux Farl, qu'a personne d'autre pour veiller ses pauvres os. On en parle dans les tavernes. Et il parait que les recruteurs sont à deux pas d'ici, au bourg. S'ils longent le chemin de crête, ils passeront par chez nous.
- Les gens vont parler, murmure la mère. Ils diront que nous avons deux enfants. Si la pièce ou le vin les aident.
- Je dirai l'avoir perdu l'hiver dernier.

Le petit garçon écoute la conversation d'un air buté. Il a l'impression désagréable d'en être exclu, alors qu'elle le concerne en tout point.

- Je voudrais être un soldat et défendre le royaume, s'entend-t-il énoncer d'une voix claire, alors qu'il regarde la vieille épée de son parent, trônant au dessus de l'âtre.
- Tu ne seras pas un chien de guerre! éructe son père en le saisissant  par le col. Jamais! Regarde ma gueule, marmot, et dis-moi si tu veux finir comme ça, moitié d'un homme! Tu ne serviras personne! Tu ne défendras que ta propre vie! La loyauté et les bannières, laisse ça aux autres, les héros de papier et les sots! Ecoute moi bien, pauvre ingrat. Le seul lopin de terre pour lequel tu dois te battre, c'est la maison que tu construiras un jour et la lisère de tes champs. Les seuls pour qui tu peux verser ton sang, c'est ta famille. Personne n'a le droit de jouer avec ta vie et te faire baiser un étendard, tu as compris?

Terrifié, le gamin acquiesce d'une plainte étouffée. Le gaillard relâche son étreinte, le souffle court, l’œil fiévreux. L'homme cache son visage déformé de sa main et titube vers l'étable pour que les siens ne le voient pleurer.

*

Adossé contre le bois du cellier étroit, le petit garçon pleure des prières. Des cris des bêtes et des siens résonnent à ses oreilles. La terreur fige ses jambes et étouffe ses gémissements au fond de sa gorge. Il donnerait son âme pour ne plus entendre. Un instant, il s'imagine porté par les Veilleurs, ouvrant violemment les portes de la réserve, empoignant l'épée de son père et s'interposant entre sa famille et ses agresseurs. Il se voit remonter le temps, jouer sur les points pivots. Infléchir le destin pour changer la donne. Auréolé par le courroux de Thédeor, il se défait de ceux qui ont franchi les frontières de sa maison. Pare le coup qui a arraché du sol sa petite sœur et l'a fauchée en plein vol. Il voit la fierté de son père qui reconnait son adresse et sa hargne, et lui sourit. Il brise le bras de celui qui lui a saisi la nuque et a précipité son crâne contre la pierre. Il met les siens à l'abri et poursuit les fuyards de sa juste colère. Du sang goutte à travers les lattes du plancher sur son genou, le gamin se recroqueville sous les fagots en hoquetant. Sa mère hurle un cri qui déchire le silence des vallées.

- Faites la taire, putain! s'emporte une voix caverneuse, tout en renversant les meubles de la masure.

Le cri se meurt subitement. Une silhouette passe sa tête par le réduit et ne déloge que des rongeurs en donnant un coup de pied dans les fagots.

- Il n'y a rien, ici, chef. Deux chèvres. Une vache. Une poignée de pièces et des vivres pour quatre jours, énumère l'agresseur.
- Traîne les deux autres à l'intérieur. On a perdu trop de temps.

Le gamin entend le raclement de la pierre et l'amadou. Les hennissements des chevaux et les cris des bêtes que l'on presse. Le feu engloutit la petite maison. L'enfant est pris d'un sursaut de vie, alors que la menace se propage à sa cache. il s'échappe de son abri et court sans se retourner dans la neige.

*

Les saisons défilent, peuplées de cauchemars. Tour à tour, l'histoire se fait et se refait. Dans ses nuits, le garçon voit les siens en proie aux flammes. La pensée qu'il les a laissé dans son dos, sans savoir s'ils étaient encore en vie, le hante. Il imagine mille possible et se réveille en sursaut, matin après matin, désespéramment seul.

*

- Eh, le drôle, tu sais pourquoi tu signes? C'est toi qui agite la lame que tu as dans le dos, ou c'est l'inverse? se gausse un gaillard goguenard derrière une petite guérite.
- Je suis un spadassin, assure le garçon en posant la main sur la garde de son épée. Dix pièces la journée, quinze en prime pour la tête d'un chef ennemi. Deux repas par jour et six heures de sommeil. Et je suis des vôtres.
- Va pour ta faconde! claironne l'homme en lui tendant un papier orné d'une héraldique azur.

Le garçon y appose une croix rudimentaire et s'approche d'un regroupement mercenaire. Des hommes d'arme jouent aux cartes et aux dés pour occuper la fin du jour. Un examen attentif l'informe que le camp est bien tenu. Les tentes sont robustes, les combattants ont leurs armes au côté, malgré leur apparente nonchalance. Leur joie de vivre est un gage de la qualité des repas. La compagnie dispose peut être d'un guérisseur car les lésions apparentes sont superficielles.

Le garçon ne se mêle pas aux groupe armé. Il s'installe près d'un feu, décroche son arme de son dos, la pose contre son torse et s'abandonne à un sommeil peu réparateur, dans l'attente du lendemain.

*

Une charge comme cent autres. Le jeune mercenaire s'oublie dans la bataille. Il prise ces instants hors du temps, où aucune image ne s'assaille, où seul compte la réaction à son environnement, où il s'empêche de penser. Son épée fauche et moissonne les âmes, sans colère ni passion. Le gamin fait ce que ses mains savent faire et vole d'audace en audace, trompant la mort dans une armure légère, se jouant des projectiles et des coups mortels.

Viens le temps du tribut, et le garçon compte les pièces une à une. Il en mesure le prix et le poids, aux blessures qui se réveillent après la bataille et son épée, à chaque fois, un peu plus lourde à porter. La loyauté et le dévouement sont des notions abstraites. Son talent guerrier s'achète, au prix fort, et aucune morale ne vient se glisser dans cette part du marché, entre lui et les dieux de la guerre. Il ignore les causes et les enjeux des batailles qu'il mène, seule compte sa survie et la réputation qu'il se façonne. Chaque nuit, le visage de son père qui s'efface se moque de ce qu'il est devenu.


*

Accusé de traîtrise, le garçon fuit ses contrées connues. Il a traversé la mer comme combattant embarqué et débarque sur un sol neuf, où il n'est pas taraudé par sa réputation de quêteur de mort et d'oiseau de mauvais augure. Un endroit, où on ignore encore combien de fois sa lame a été trempée au sang de ses ennemis d'un jour. Le sac sur l'épaule, il arpente les collines et les prairies et entend au lointain l'écho des batailles. A quelques lieues, dans le couchant, une cité en bord de l'océan, perchée sur des falaises crayeuses, subit un violent siège. Des légions se brisent sur les remparts de la ville fortifiée, des traits de feu fusent dans le ciel. Les lignes arrières sont dressées en tentes régulières, où l'on rapatrie les blessés. Une bataille d'une envergure que le garçon n'a jamais connu  se joue. Pris d'un fugace rêve de gloire, le garçon s'apprête à nourrir son pacte et se rue vers les quartiers décisionnaires louer son épée une fois de plus.

*
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Navia
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Dim 18 Oct - 10:39

[HRP] Pour ceux participant dans l’événement de ce soir, je voudrais vous demander de préparer votre tenue habituelle, puis une deuxième qui vous représente dans votre forme idéale.
Quand on rentrera dans le Cerebro, vous vous verrez vous-même sous votre forme idéale.
[/HRP]
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Dim 18 Oct - 11:14

(haaaaa il va me falloir au moins une aprem pour trouver une tenue qui me convienne alors!)

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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Lun 19 Oct - 11:34

Atys a repondu à la demande d'aide de Navia, elle sait trop bien quelle confusion peut provoquer ces souvenirs exterieurs. Elle se raccroche à une réalité : elle n'a pas d'apprenti, n'a pas de compagnon loup. Ses compagnons les plus proches sont Famine, Guerre et maladie ...
Quelle ironie d'avoir nommé ainsi ses serviteurs, certes à l'epoque elle n'etait que colère et haine, voulant controler la mort et repandre la destruction sur ceux qui l'avait detruite elle et sa vie. Elle etait la Mort ... elle etait morte ...

Ce dernier souvenir de cette forgeronne vient en resonnance avec ses craintes, ses plus grandes peurs ...
Voulant cesser d'être cette arme au service des Veilleurs ou de toute autre puissance supérieure, Atys s'est consacré à l'etude des arts de guerison, de soutient et par logique à tous les artisanats.
Peu douée pour les arts, ne chantant jamais, ne dansant que pendant les combats pour faciliter ses deplacements incantatoires, n'utilisant les peintures et la gravure que pour des runes et des glyphes , Atys a tout investi dans la creation par l'artisanat.

Et voilà que la Forgeronne lui montre ce que l'artisanat peut faire aux autres ... transformer un être vivant en une arme potentielle ... Faire aux autres ce qu'on a pu lui faire.

Suite à l'incident de translocateur, Atys ne travaille deja plus dans ses quartiers ni à la manufacture. Mais même dans son laboratoire de l'Aire de Repos où elle passe la majeure partie de son temps maintenant on n'entend aucun coup de marteau, aucun feu qui brule, aucune decoction en ebullition. Il n'y a aucune etincelle ni lueur magique.
Une personne qui oserait braver la solitude du lieu, affrontant les tourelles de défense au dessus du batiment pourait entendre un faible bruit ... un sanglot.

Il faudra pourtant que le souvenir lui montre la suite, même si elle le redoute, et comme Mordrahan lui a dit : "ces souvenirs ne sont pas les notres, il faut garder de la distance, ce n'est pas nous !".
Mais comme Atys lui a repondu :"Ce n'est pas nous mais ça pourrait le devenir !".

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Kwali
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Dim 25 Oct - 9:28

(Suite prévue pour le dimanche 1 novembre! inscrivez vous!)

A l’attention d’Eternitus :

(Le format du « message » se développe comme les souvenirs donnés par les murs. D’abord une impression, puis quelques couleurs. Ensuite, les détails s’affinent. L’image survient dans un temps de sommeil)

Une atmosphère sombre et tempétueuse. Une impression que le temps reprend ses droits dans un espace clos et figé. Doucement, comme si chaque pensée tendue vers, érodait la stase.
Deux balles de lumières blanches, pendues à des chaînes rouillées, à des hauteurs différentes.  Elles oscillent doucement.
Des liens invisibles clouent une masse au sol.

« Libère moi, petite âme, libère-moi. Tes pas et ceux des tiens résonnent et délient le temps figé. Toi qui parles mon langage, entends. Mes mots s’épuisent, tout autant que ma raison. Lorsque tu me feras face, je t’en conjure, ne fuis pas, même si je ne te reconnaissais. Je suis né de la colère, elle m’aveugle et me dirige.  Arme ton bras de toutes tes forces et brise mes chaînes. Alors, je ferai miens vos buts et déferlerai ma rage sur vos ennemis. »

La voix est rauque et profonde, teintée de hargne et d’une forme de détresse.

« Je ne veux pas disparaître. »

Les lumières s’effacent au profit d’une plaine nocturne.

(hrp : L’image de fin est extrêmement nette et précise, contrairement au reste. Elle peut être projetée, notamment dans la lanterne utilisée par Kwali et Atys sur le rocher hors du temps. Dont la porte est sous la surveillance des machines de Mordrahan et Moystia.)


*


Souvenir pour Mordrahan :

Le garçon eth court dans les rues de la ville d’une démarche chaotique. La vieille Cité, à ses yeux, est visible en gradients de couleurs. Il voit la magie, mais pas comme ses yeux d’autrefois. Ce sont les liens de causalité qu’il devine derrière chaque souffle magique. Ces fils qui s’entremêlent et relient hommes bêtes et paysages lui donnent une joie ivre et un effroi terrible. Il essaye de s’en détacher autant que possible.

Au détour d’une ruelle, un guérisseur annone une vieille formule pour réparer un os, agenouillé auprès d’un gamin au bras gonflé. Le sortilège s’écoule, fluide, maintes fois répété. Le sorcier eth se fige. Son esprit associe. Il sait qu’il pourrait récupérer le sort, dans le faible temps de transition entre sa source et son destinataire. Le récupérer, le faire circuler dans ses conduits de source, le réduire à sa puissance brute, amplifier celle-ci et le retransformer. Le faire muter vers un effet autre et le livrer au monde. Et pallier ainsi le vide. Ses mains tremblent mais ses yeux pleurent de joie.

- Vieil homme, s’il vous plait, refaites le une fois encore. Non pour moi. Lancez-le au ciel, comme si vous vouliez réparer notre temps trouble.

Surpris par la requête, le guérisseur s’exécute. L’once de magie s’envole vers le ciel, libérée de son circuit usuel. Le garçon eth tend la main droite et l’ouvre. La ligne de source capte la manne. Le sort est attiré inexorablement vers le circuit. Au moment où il l’emprunte, les lignes bleues s’éclairent d’une note plus claires. Le garçon se plie en deux, submergé d’informations. Le faible sortilège qu’il a emprunté assaille son esprit de mille souvenirs et liens de causalité. Comment a-t-il été appris. L’humeur du vieil homme à son lancement. La mémoire de ceux lancés par avant. Les échecs.  Chargé d’une historicité terriblement longue, le faible sortilège porte en puissance ceux à venir et la foi sincère du vieil homme de consacrer ses derniers temps à réparer les plaies et les bosses. Une empathie absolue.

Le garçon eth se concentre par instinct pour ne pas altérer la fragile énergie. Il parvient à inverser le cours.  Avant toute modification, le sortilège tourne dans le circuit et ressort vers le ciel, intact. Comme s’il avait simplement transité par le jeune homme. Le jeune sorcier chasse la peur abyssale qui lui cisaille les entrailles et le doute. Doit-il piétiner à chaque fois une histoire pour écrire sa propre page ? Perpétuellement détruire pour pouvoir créer ?

- Merci, halète-t-il au guérisseur. Je… J’ai encore du chemin à faire. Je trouverai une voie. Vieil homme, autrefois, j’avais une flamme. Une lueur. J’y tenais plus que tout. Je l’ai perdue, elle a été soufflée. Mais aujourd’hui, je la vois partout. Dans vos mains comme dans la course des nuages.


*


Souvenir pour Moystia :

La jeune elfe a le front posé contre les vieilles pierres que ses anciens ont fait bâtir. Une assemblée vient de se tenir et tous se sont tournés vers elle lorsque les mots fatidiques ont été prononcés.

- La Cité est tombée depuis longtemps.

L’explication, à ses yeux, confuse, d’un décalage temporel irrémédiable et d’une altération progressive de chacun, lui glace le sang. Si les victoires et les défaites sont ourdies… Si la cité est condamnée à la guerre, chaque génération moissonnant son lot, de manière conduite…

Alors – se convainc-elle - les siens sont morts parce qu’ils représentaient - comme la jeune voyageuse – un moyen de percer la mascarade et lire à travers les fils du plan. Mettre au jour les incohérences. Les remparts de ses parents auraient dû tenir. Le schéma d’un maître-architecte est un canevas droit et précis, qui ne me permet pas l’erreur. La moindre altération leur serait apparu comme un illogisme, après la bataille. Sauf que personne n’était plus pour confronter le réel, les héritiers trop occupés à pleurer leurs morts.

La jeune femme se détache du mur, les poings serrés. Elle se rue dans son bureau et commence à dessiner une grande courbe, à la lumière d’une bougie.

- Cette fois-ci. Ma génération. Nous ne subirons pas un siège et une bataille joués d’avance. Nous n’attendrons pas docilement la grâce ou la chute. Nous allons remonter le fil du temps. Jusqu’à leurs antres. Frapper à la gorge nos agresseurs, tandis qu’ils se complaisent dans leur toute-puissance, à se gausser de nous et écrire nos destins. Je vais penser une arme à faire trembler les Dragons eux même.

Les premières lignes naissent sous sa main habile. Elle se ravise, se lève et passe son visage sous l’eau froide.

- Réfléchis. Que faut-il pour briser ce damné engrenage, comme a dit l’autre insensé ? Une voie de sortie, pour protéger les civils. Une arme pour contre-attaquer. Un moyen de préserver nos mémoires et nos savoirs actuels. La bataille se joue sur trois plans.

La jeune femme s’interrompt, sa plume se casse à cause de sa nervosité.

- Mais faut-il prévenir tout le monde ? Est-il des ennemis en nos murs ? Qui resterait ? La réaction la plus humaine serait de quitter ce port, pour peu qu’on donne du crédit à cette histoire, et le théâtre où nous paissons comme un troupeau.


*
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Atys
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Jeu 29 Oct - 17:45

Une explosion sourde non loin de la place surprend la cité au matin.
Un petit nuage couleur citrouille s'echappe dans le ciel et commence à repandre cette couleur etrange aux nuages voisins. Le phenomène dure un peu moins d'une minute avant que tout redevienne normal.

On peut egalement voir Famine traverser la place vers la Manufacture et revenir dans les quartiers de sa maitresse avec du materiel d'entretien : seau d'eau, balai, beaucoup de chiffons ...

Ceux qui prendraient le risque de regarder par la fenetre seraient imediatement marqué d'un halo orangé mais surtout ils pourraient voir Atys completement orange vif en train de nettoyer ses quartiers en grommellant contre le festival de la moisson d'automne.

Apres une periode d'absence, Atys a repris son activité dans la cité. Elle s'absente encore de temps en temps mais a chaque fois elle emporte du materiel pour des experiences et revient la plupart du temps avec des vetements chauds mais noircis et humides.

Elle porte desormais en permanence une broche aux reflets bleutés et semble de bonne humeur mais extremement distraite, l'esprit à une quelconque experience
.

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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Mer 4 Nov - 11:07

(Suite au RP de dimanche 1/11. Documents personnels de Mordrahan)

Notes de travail concernant l’entité Cuivre
Code temporel 041104

L’entité Cuivre présente les caractéristiques d’une intelligence artificielle ayant évolué au stade de la conscience.
Elle montre un état de confusion lié à une contradiction entre ses consignes initiales et des actes ultérieurs. La conscience semble trop rudimentaire pour avoir l’aptitude à dépasser son propre programme, mais elle a développé un sentiment de culpabilité et d’agressivité.
Les premières informations que nous avons recueillies impliquent une influence extérieure ayant provoqué une perte de contrôle. Cuivre a attaqué la Cité qu’il devait protéger, et ses créateurs l’ont neutralisé en le mettant en stase temporelle dans un espace interdimensionnel isolé.

L’entité communique via des capteurs, mais peut également être contactée par un lien mental direct au niveau de la sphère qui contient sa conscience. Elle est contrôlable de cette façon, mais cela demande plusieurs esprits jumelés.
Il est possible de débrayer le système en pilotage manuel, ce qui isole la conscience.

La structure métallique est entièrement veinée de source fluide, qui l’alimente en énergie et transmet les informations de la conscience. Cuivre devrait nous permettre de mieux comprendre cette technique d’altération de la Source. Il est probable que c’est également cette particularité qui attira jadis l’attention de Crucia sur la machine, et qui lui permit d’en prendre le contrôle.

La situation actuelle nous pose un dilemme : Cuivre se recharge depuis que notre arrivé a brisé la stase temporelle. Nous ne pouvons pas l’abandonner là où il se trouve, et nous ne pouvons pas davantage le ramener en Telara. Il a déjà échappé au contrôle de ses créateurs, sa structure est vulnérable, et sa conscience est perturbée. Le danger est manifeste, mais je ne souhaite pas détruire une telle réalisation, sans compter que mes compagnons s’y opposeront, en particulier Eternitus.

Il reste une possibilité : Extraire la conscience de la machine de guerre, et l’intégrer dans un autre support, en réinitialisant sa programmation.

Cette conscience n’a pas la complexité et les capacités d’une âme vivante, ce qui exclut un corps de chair. Le transfert serait probablement réalisable, mais j’ai déjà vu le genre d’abomination que cela produit. Cette créature est naïve, il lui faut un support vierge et familier.
Nous l’avons vu se comporter comme un dragon. Je pourrais construire un dragon mécanique de petite taille, qui ne présenterait aucun danger, et qui permettrait à Cuivre d’entamer une nouvelle existence. Je pense que le confier à Eternitus serait une bonne idée, ces deux là ont beaucoup en commun et ont déjà un lien privilégié.

Nous pourrions par la suite étudier plus avant la machine d’origine, puisqu’elle peut fonctionner en manuel.

Si le projet convient à mes compagnons, il va me falloir l’aide d’Atys. Je maîtrise à présent le mélange des technologies de Source et des anciens savoirs empyréens, mais Cuivre relève d’une technique très particulière, et Atys sait comment relier la conscience au support que j’aurai préparé. L’expérience sera parfaite pour tester la combinaison de mes connaissances et de celles de mon invité du passé.

Le processus de base implique la fabrication d'un construct de métal, dont la structure sera alimentée par un coeur de source stabilisée. C'est à ce stade que devra intervenir Atys, pour générer ce coeur de source liquide, qui sera connecté au reste du corps via des glyphes similaires à ceux que l'on utilise pour la résurrection biologique. Cela devrait donner un réseau parfait. Une fois le corps opérationnel nous devrons y transférer la sphère de la conscience, et la relier par cette technique de lien que connait Atys. Je poserai ensuite un sceau sur l'ensemble, comme je l'ai fait sur Sadar et Arrianne.

Il faudra aussi qu’Eternitus réussisse à convaincre Cuivre d’accepter le tranfert. Nous devons avoir son consentement pour l’intervention, sinon nous risquons de récupérer une entité totalement folle et désorientée. Le seul moyen pour remettre de l’ordre dans sa conscience est de changer ses consignes, ce qui effacera de fait les perturbations actuelles.
Nous allons devoir étudier soigneusement la formulation de son programme, pour qu’il puisse par la suite apprendre et évoluer.

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Atys
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Mer 4 Nov - 12:32

Atys s'absente régulierement desormais. Elle participe à la surveillance de Cuivre mais elle continue aussi à travailler sous le glacier. Ceux qui l'observent soit pendant la garde dans Cuivre soit en la suivant au glacier peuvent s'etonner de ses experimentations.

Elle cherche tout d'abord à recréer une forge en gardant les propriétés liquides de la source. Bien sur elle avance dans cette étude avec d'infinie précaution pour eviter de corrompre les lieux et la fontaine initiale.
Elle s'entraine aussi à forger une sorte d'anneau de forme bizare. Le plus étrange c'est qu'elle tente de le forger sans jamais le retourner, utilisant des outils modifiés pour travailler l'autre coté à travers le petit anneau lui-même ... Pour l'instant celà donne souvent un objet sans forme qu'Atys rejette dans la source pour refaire un essai, modifiant encore et encore ses outils d'artificier.

Elle fait aussi des essais avec deux translocateurs reduits et des formes toriques en pierre de source. S'eloignant des forges et de la fontaine, elle travaille à intégrer de la source dans un translocateur. Ce qui est souvent la cause de petites explosions detruisant la pierre de transport, la pierre de source ajoutée, le minigénérateur empyréen ou tout l'ensemble.
Peut etre aura t'elle besoin d'aide, d'un apprenti par exemple, pour concretiser son projet ? C'est du moins ce à quoi elle pense lorsqu'elle se repose en regardant un petit objet au creux de sa main ... comme une petite lucarne vers un autre lieu.

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Kwali
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Mer 4 Nov - 15:56

Résumé des épisodes précédents (désolée si c'est un peu confus!)

Voila maintenant quelques semaines que s'est ouvert dans les tréfonds de la Cité un vaste complexe. Découvert par Kwali au cours de ses explorations, il lui a permis - par une vision d'un des acteurs de cette époque - d'ouvrir une voie vers un espace innacessible, un petit royaume des vents.

En empruntant la brèche à sa suite, les compagnons de l'Ordre ont atteri sur un rocher figé dans l'espace, hors du temps, qui s'est avéré être une passerelle, une zone tampon, lors des voyages planaires. Une sorte de lanterne vide, ronde, abrite une image de l'endroit de destination.
Les expériences récentes, les voyages de Kwali, d'Atys et maintenant d'Eternitus, permettent de comprendre qu'une fois une "image-clé" logée dans la lanterne, il est possible de s'y projeter de manière sûre et stable. Eternitus en a reçu une via message, dans le cas d'Atys et de Kwali, il s'agissait plutôt d'une mesure de protection, un relai afin de garantir l'intégrité du complexe et des deux âmes vagabondes.

En outre, il apparait que les murs du complexe ont capturé et recueilli un grand nombre de mémoire des gens contemporains de l'époque. Eryzakka a pu prendre contact avec les restes d'un esprit de l'eau singulier, et comprendre qu'il s'est scellé avec les mémoires sauves dans les vieilles pierres, afin de les préserver de l'effacement. Ces souvenirs continuent de se dérouler doucement, comme le fil d'une histoire. En recoupant les fragments, les compagnons de l'Ordre entrevoit une tranche de vie d'environ une génération humaine et une lutte contre la fatalité, dans la Cité d'autrefois.

Ainsi,
Mordrahan tient la mémoire d'un sorcier eth privé de ses dons magiques, ayant mis au point un principe à même de pallier son handicap, dont les shèmes ont été appliqué dans des créations ultérieures capitales.
Atys, celle de la forgeronne a l'origine de la découverte d'un liquide de pierre de source, et de l'art unique qu'elle a mis en place, forgeant mentalement et physiquement la lumière et la source.
Moystia, l'Architecte de la Cité, à la base des concepts défensifs et offensifs de la guerre menée par le passé. C'est elle qui coordonne la bataille sur trois plans: une voie de sortie pour les gens, une arme pour rivaliser et un moyen de "sauvegarder" les mémoires et les savoirs actuels, afin qu'ils ne soient pas corrompu.
Navia, le personnage témoin, seul point fixe dans un environnement en perpétuel changement. Elle met au jour une manipulation de masse, réécrivant l'histoire de la Cité, et faisant glisser doucement les gens et les paysages vers un destin planifié.
Agonisse, un mercenaire de prime abord dans le camp d'en face, à la loyauté douteuse.
Eryzakka, l'esprit des glaciers qui a accompagné la campagne d'autrefois.
Kwali, l'apprenti de la forgeronne, à la nuance près qu'elle n'était pas en vision à la première personne, mais détachée, marchant en simultané avec le personnage.
Jasdrianne, le souvenir d'une attaque terriblement meurtrière portée sur la Cité d'autrefois, toutefois sans encore de protagoniste clair.

Chacun a plus au moins bien reçu ces mémoires. Des échos, de vagues similitudes avec les vies passées, l'évocation de souvenirs d'enfance, rend la distanciation parfois difficile pour certains et pose des questions d'ordre moral pour d'autres.


Ainsi, lorsque le circuit de pierre de source du complexe a été endommagé, tout l'ensemble est entré dans un processus de veille et de protection. Les mémoires ne sont plus accessibles, enfouie au plus profond d'une surface d'eau. En effet, dès lors que l'on passe outre l'aspect matériel et dur du complexe, on peut le figurer comme une étendue d'eau réagissant à toute intéraction ou onde. Il faut noter aussi qu'il est judicieux de considérer les mémoires capturées comme des livres: lorsqu'elles logent dans l'esprit des compagnons de l'Ordre, elles ne sont plus "physiquement" présentes dans le complexe. Autrement dit, si l'un d'entre eux venait à perdre l'héritage, il ne serait pas possible de le retrouver.

Les compagnons de l'Ordre ont entamé de nombreuses recherches, afin, dans un premier temps, de restaurer le complexe, après que Moystia ait récupéré la pierre de source manquante, soustraite presque dans les même temps que le premier voyage. Les pistes ont mené vers les Pics du Pin de fer.

Sur place, le groupe a découvert le glacier où naturellement, se trouve un lac de pierre de source liquide, ainsi que la petite forge où la forgeronne d'Atys a lentement mis au point ses arcanes. Ils cherchent un moyen de transporter la pierre liquide, sans qu'elle perde ses propriétés: sensibilité à la lumière, aux variations de température, aux émotions, entre autres.

Eternitus a récemment reçu un curieux message, se présentant comme le protocole des souvenirs de ses compagnons: d'abord une impression, puis des images qui s'affinent. Il s'agissait d'une demande d'aide et de libération, de la part d'une entité qui se disait née de la colère, et dirigée par elle. C'est à ce moment que l'image clé s'est formée dans l'esprit d'Eternitus.

Le fier pirate a donc monté un équipage, et logée l'image-clé dans son réceptacle. Dès lors, le groupe s'est rendu dans une plaine retranchée du monde, elle aussi hors du temps. Sauf que la présence et les actions des compagnons de l'Ordre insufflent désormais de la vie et du temps dans cet endroit en "stase". Le fil du temps reprend doucement son cours, ayant ainsi réveillé de son éternel sommeil l'entité en question.

Cuivre. Un dragon de métal, collosal, construit par les idées de l'Architecte et la main de l'apprenti-forgeron. Arme au service de la Cité d'autrefois, il apparait qu'il a été récupéré par les ennemis d'antan et retourné contre ses créateurs. Ceux ci, afin de le mettre hors d'état de nuire, l'ont isolé dans un espace hors du temps, pour le mettre "hors-jeu" dans la guerre qui se jouait.

Le dragon de métal possède une conscience limitée, très bestiale, mais capable d'émotions et de discernement. Il a réagi à l'intrusion dans son territoire par une hostilité prononcée, puis s'est lentement calmé, à l'appel de son nom et les efforts d'Eternitus.

Son exploration a permis de découvrir un vaste vaisseau, à même de convoyer sans doute la petite population portuaire d'autrefois. Cuivre apparait comme le moyen d'évasion et la force de frappe mis au point par les acteurs de la guerre contre les menaces qui pesaient sur eux.

Prisonnier de sa culpabilité, le dragon ne peut pas voler. Il s'imagine des chaines qui l'entravent, et cette croyance suffit à le clouer au sol. Il dispose d'un arsenal offensif qui a effrayé certains du groupe, voyant dans son potentiel destructif un gros problème à gérer.

Cuivre est doté d'un système circulatoire de pierre de source, sur la base du shème du sorcier et des arts de la forgeronne. Mais il est bien plus grossier et imparfait, à l'image des connaissances lacunaires et du savoir-faire brutal de l'apprenti-sorcier des souvenirs du personnage d'Atys.  

Son système de pilotage implique une sorte de symbiose et une "prise de contrôle" localisée d'une partie du vaisseau: déplacements, portance, capteurs, circuits de sources, armements etc... une personne seule n'est sans doute pas capable de tirer profit des capacités du dragon à leur maximum, l'esprit ne supportant pas l'afflux massif d'informations. La conscience de Cuivre pallie à cela, et traite les données dans le même temps, faisant le lien dans cette coopération nécessaire.

Après l'avoir endormi provisoirement, le groupe met en place un tour de garde pour veiller l'entité et s'interroge sur les suites à donner à ces événements.


Les recherches et les informations obtenues dans l'intervalle

Les images-clés: à la base du système de transport crée par les artisans de la Cité d'autrefois. La lanterne du rocher hors du temps en est l'exemple, la sphère de pilotage de Cuivre peut en recueillir plusieurs.  Pour l'instant, personne ne sait comment les générer. Mais le complexe doit pouvoir -une fois actif- servir à créer ces clés, puisqu'un de ses mécanismes de protection, indirectement, le fait.

Cuivre: le degré de conscience du dragon est sujet à débats. Voici quelques infos/récap et les jours à venir.

- Vis à vis d'Eternitus, il a été capable d'un discours intelligible et plutôt clair. En était-il bien à l'origine? ou était-ce une manipulation visant à rouvrir les portes vers le colosse?
- Il a tendance à confondre les émanations des compagnons de l'Ordre avec celles des acteurs d'autrefois et les considère avec le spectre de l'apprenti-forgeron, d'une pallette plutôt riche.
- Sa mémoire est particulièrement lacunaire et peut avoir été orientée (il apparait dans une image une silhouette qui l'accuse d'avoir causé la perte des siens)
- Lors des divers tours de garde, au cours des jours actuels, Cuivre se réveille par intermitance. La présence humaine dans le vaisseau l'appaise, il tend à occulter les chaînes invisibles et commence à tourner en rond dans la plaine. Il est difficile de le rendormir, il semble avoir besoin d'action.
- Il se comporte la plupart du temps comme un dragon, adoptant des conduites très typée, façon de dormir, besoin d'espace, d'envol, faim d'énergie.
- Il rêve
- Il reconnait son nom et y associe un contact physique avec la main qui l'a nommé autrefois. Très vite, il reconnait individuellement les gens et commence à se tendre vers eux pour envoyer de lui même des informations souvent décalées ou des petits détails (une mini-avarie, la chaleur d'un rayon de soleil, un truc mal rangé, une herbe bizarre dans son champ de vision à quelques centaines de mètres...)
- Cuivre occulte pleins de choses, dira une analyse complétaires des mages et des pilotes sur les reliefs "humains" du dragon. Une exploration fine de la sphère peut révéler certains points cruciaux, même si les tréfonds de son âme ne sont pas accessibles.  A commencer par la mort de l'apprenti-forgeron, alors qu'il était plongé en immersion totale - et seul - dans le Dragon. Il est possible que le jeune humain ait vécu ou participé directement au retournement du Dragon qu'il a crée et qu'une partie de son âme dissoute dans le choc s'y trouve encore. Ceci expliquerait pourquoi Kwali n'a pas reçu de mémoire du mur, et que celle du jeune apprenti en est absente (sur vérification auprès de ceux qui ont plongé dans le lac).
- Il est possible de sentir une menace extérieure, un regard ou une ingérence effacée, dirigée vers le territoire et le dragon. Cuivre ne semble pas s'en rendre compte. A mettre sur le compte d'une intuition pour les gens qui montent la garde. Rien sur d'éventuels relevés, mais notez que l'endroit est ouvert à nouveau et donc accessible par des biais détournés, au reste du monde.

Dites moi les mesures défensives à prendre en conséquence, et le nombre de jours qui s'écoulera jusqu'au prochain regroupement.

Ce qui a causé la chute et la presque disparition de cette génération est-il encore une menace actuelle?

Kwali:
Passée la frayeur initiale, Kwali a pris le dragon comme un nouveau terrain de jeu. Elle saute partout, explore les recoins, met plus de pagaille qu'il n'y a dejà et communique régulièrement avec le Dragon. Elle a essayé, par deux fois, de le faire s'envoler en douce. Il lui semble que le dragon a une mauvaise - ou erronée - capacité de spacialisation de son propre corps. Du coup, elle a passé pas mal de temps à le parcourir de long en large, de la pointe des ailes à la queue, afin de lui servir de point de repères et d'échantillonage. Elle espionne aussi les agissements des uns et des autres, en se servant des yeux du dragon, qui est capable d'omission. Kwali s'opposera à toute privation de liberté ou acte hostile envers Cuivre, âprement.

Atys:
Atys redécouvre progressivement l'art de la forgeronne et commence à déduire les pans manquant. Ses connaissances modernes et sa propre expérience l'enrichissent et tendront à former un savoir-faire nouveau, à terme.
Par rapport au souhait de créer une nouvelle forge, en observant celle du glacier et celle du vaisseau, il est possible de déduire ce qui servirait de contenance et rendrait possible le transport de la pierre liquide, sans qu'elle perde ses propriétés. On verra en jeu pour le résultat.
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Mer 4 Nov - 16:10

Eternitus à une idée un peu folle dont il fait part à Mordrahan dans un premier temps:
s'il se connectait à son corps d'origine et amenait celui-ci ici, il pourrait en partie ralentir le gain d'énergie de Cuivre. De plus il serait capable de communiquer avec lui sur un plan plus directe. Enfin ses propres sens plus spécialisés lui permettraient de surveiller de possible intrusion dans le sous plan et éviter que ce qui à corromptu Cuivre dans le passé recommence.

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Mordrahan
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Mer 4 Nov - 16:45

Shanor a écrit:
Eternitus à une idée un peu folle dont il fait part à Mordrahan dans un premier temps:
s'il se connectait à son corps d'origine et amenait celui-ci ici, il pourrait en partie ralentir le gain d'énergie de Cuivre. De plus il serait capable de communiquer avec lui sur un plan plus directe. Enfin ses propres sens plus spécialisés lui permettraient de surveiller de possible intrusion dans le sous plan et éviter que ce qui à corromptu Cuivre dans le passé recommence.

Idée brillante que Mordrahan validera une fois qu'il réalise qu'il pourrait y avoir une âme humaine mêlée à la conscience artificielle, et que quelque chose les surveille.

Mordrahan disposera ses propres capteurs dans la zone pour analyser à la fois l'espace dimensionnel et Cuivre lui-même, mais il refuse d'installer des armes sur place, et considère le vaisseau Eternitus comme un excellent moyen de surveillance et de défense éventuelle.

Mordrahan va focaliser son étude sur deux points :
- la machine elle-même, et son réseau de source, autant pour l'étude de cette réalisation que pour préparer l'éventuel transfert de la conscience, et donc fabriquer un construct compatible.
-l'âme brisée du jeune apprenti, et les souvenirs qu'elle peut avoir laissés dans la conscience de Cuivre, ainsi que l'éventuelle soumission de cette âme à un contrôle externe. La nature des informations que les mémoires du passé leur donnent amène Mordrahan à soupçonner l'intervention de Crucia, ou d'Aia, voire des deux.

Mordrahan se rend sur place tous les jours, pour ses études et pour assurer un des quarts. Sadar l'accompagnera ponctuellement.
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Atys
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Mer 4 Nov - 20:28

Atys est assez peu attentive à ce qui l'entoure quand elle est avec Cuivre.
Elle s'intéresse bien sur au reseau qui anime l'ensemble mais reste concentrée sur son projet de rendre accessible la cité des vents tout en apprenant à forger en economisant son energie personnelle.

Esperons que personne ne lui fera prendre conscience qu'il reside une âme même partielle dans Cuivre sinon celà pourrait declencher une nouvelle crise morale et l'eloigner du projet pour un temps. Tout depend evidement de comment elle l'apprend et de ce qu'on saura sur le pourquoi-comment de la presence de cette âme.

L'utilisation répétée de ses translocateurs permet aussi de detecter toute modification "planaire" dans les environs ... soit par la presence de perturbation soit carement par la degradation de son materiel qui reste tres sensible sur cet aspect vu qu'elle le modifie pour passer à travers le voile. Il est donc important de l'avertir de la venue du vaisseau de Shanor pour qu'elle securise son equipement sous peine d'entendre à nouveau une détonation consequente dans les environs ...

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Atys
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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Mar 17 Nov - 11:04

Apres plusieurs essais sur un anneau simple, Atys est enfin décidée à forger son anneau autour de l'accroc de Kwali. Utilisant ses outils transformés et tout son savoir faire, Atys passe plusieures heures à forger la source à travers cette dechirure du voile.
L'ensemble reagit comme elle avait prévu, tant qu'elle reste "à l'intérieur" de l'anneau, il n'y a aucune reaction inattendue. A un moment on peut l'entendre jurer et s'ennerver contre elle même ... il semble qu'elle a fait un mouvement un peu trop brusque mais sans consequence visible sinon un léger aggrandissement de l'accroc qui est maintenant presque circulaire.
Au bout de plusieures heures elle pose ses outils, enveloppe un petit objet dans un tissu et tombe litterallement de fatigue sur la couche juste à coté. Le glacier retrouve alors son silence appaisant pour un temps.
Le lendemain Atys forge une petite chaine en sombreacier, metal connu pour absorber la lumiere plutot que la refleter et surtout être presque totalement silencieux puis fiche la chaine à l'anneau de source.
Elle rajoute enfin une petite sacoche en cuir pour masquer le pendentif.

Il reste maintenant la derniere phase de son projet, elle a deja testé la "liaison" à travers l'accroc en ciblant la balise toujours en place dans la cité des vents. L'ajout de la source autour du passage permet même d'amplifier la resonance des translocateurs modifiés et autoriserait en theorie le passage de plusieures personnes en même temps.
Il faut cependant remplacer la balise par un vrai translocateur pour permettre un retour par le même dispositif.
Atys a donc fabriqué deux translocateurs à source harmonisés avec un bracelet lui même à base de pierre de transport et de source mais presque indetectable grace au sombracier ajouté. Il faut maintenant qu'elle parle avec Kwali de son dispositif et qu'elle lui montre le pendentif.
Il reste deux solutions :
- utiliser un des translocateurs en gardant l'autre sur soi pour remplacer la balise une fois sur place. Le risque de boucle de resonance entre les deux translocateurs peut etre reduit en neutralisant temporairement l'appareil transporté.
- tenter d'utiliser encore une fois la faille du complexe souterrain et la lanterne, en esperant que les vents de la cité ne seront pas aspirés une nouvelle fois.

Mais surtout il faut qu'elle dorme et c'est ainsi qu'Atys rejoint la cité draconique pour s'enfermer dans ses quartiers pour retrouver ses forces.

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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Dim 29 Nov - 14:04

Il ne reste plus que l'étape finale, apres plusieurs jours de repos Atys a de nouveau assez d'energie pour tenter la translocation planaire. Mais il faut la principale intéressée ... Il faut la jeune kelari Kwali.
Atys part à sa recherche dans la cité, lançant egalement Guerre et famine à sa recherche, tout en reflechissant à comment lui faire accepter ce collier et ce bracelet ...

Apres une assez longue recherche, Atys retourne à ses obligations, dépitée.


Ce n'est pas grave, Famine ou Guerre finira par la trouver, d'ailleurs ils sont passé où ses deux là ?

Atys range le tout avec précaution et se remet au travail.

[hrp] la remise du translocateur ainsi que sa mise en service pourra ce faire à n'importe quel moment.
Vous avez aussi deux squelettes qui vous suivent à la trace dans vos périples -cf l'histoire de Shanor- éliminant certaines menaces légères suivant l'orbe que vous transportez et qui vous aideront en cas de besoin sans pour autant mettre leurs âmes en péril.[/hrp]

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MessageSujet: Re: [INAUG] Le Berceau de Yule   Lun 30 Nov - 20:22



Depuis quelques semaines maintenant, Cuivre somnole et rêve aux grands espaces. Il apprend doucement à différencier les compagnons de l'Ordre des mémoires dont ils ont reçu l'héritage. Il semble occulter petit à petit les sinistres événements qui ont vu son emprisonnement et développe, au contact humain, un caractère plutôt joueur, doux et exubérant. Paradoxalement, plus il retrouve sa nature première et affine sa palette d'expressions, moins il est contrôlable via la sphère, y opposant sa volonté et mille rouages pour se dérober à toute emprise.

La présence d'Atys lui évoque les monts et les glaciers. Cela lui colle une furieuse envie de se rouler dans la neige et voler à ras des falaises, porté par les courants froids. Quand les pas de la kelari arpentent les étages supérieurs et frappent sa cage thoracique à intervalles régulières - Pac pac pac -, le dragon de métal devient fou. Il n'a qu'une pensée: Ravir dans ses pattes la légère kelari, déployer ses larges ailes de lumière et voler vers les Pics. Le dragon veut lui prouver plus qu'à quiconque, ô combien il vole vite, haut et bien. La maître-artisan peut se sentir épiée et suivie, voire menacée d'un danger immédiat! Cuivre échaffaude des plans maladroits, à la logique toute mécanique et élémentaire, pour parvenir un jour à son but. Ses intentions transpirent dès lors que quelqu'un pose la main sur la sphère de communion. Sa défiance et son respect d'Atys l'empêchent de franchir le pas, il se languit de l'opportunité qui lui ouvrira la voie vers le grand froid, en compagnie de la kelari, sur son dos. Aux côtés d'Atys, Cuivre oublie ses fonctions de vaisseau et tend largement vers sa nature draconique.

Le sillage de Mordrahan lui inspire de nouvelles associations. La présence du sorcier, pour quelque obscure raison, favorise l'éveil de sa conscience. C'est en observant le mage que Cuivre parvient lentement à projeter des suites d'images dans l'esprit de ses habitants, afin de communiquer. Au début, elles n'avaient aucun sens. Le dragon relayait ce qui lui passait par la tête: températures, données diverses, repas du matin, météo, couleurs. Désormais il est possible d'obtenir une réponse sensée de sa part, sous forme d'associations d'idée. Cuivre est friand de plans, de schémas et de savoir en général. Son degré de compréhension est variable, mais il ingurgite les images comme une éponge. Le sorcier a pu comprendre qu'il a une forme de conscience globale de tout ce qui se passe dans le vaisseau. Le dragon peut donc lire par dessus l'épaule les notes et petits croquis que les imprudents griffonnent lorsqu'ils passent effectuer quelques recherches. Cuivre est donc, vis à vis de Mordrahan, dans une logique de mimétisme. Il imite le sorcier, parfois même en refaisant par grognements ses soupirs et ses intonations de voix. Le dragon se réjouit de sa présence et essaye de le surprendre dans des jeux d'esprits ou de contrôle d'énergie.

Quand Kwali passe le voir, Cuivre est silencieux et retient son souffle. Il sait que la petite kelari est sa principale alliée dans un plan d'évasion et de conquête du ciel. Il a compris qu'elle espionnait en douce les moyens de défenses mis en oeuvre par les mages, afin de lui ouvrir la voie des airs, ne serait qu'un bref instant. Une complicité bizarre unit les deux âmes. Kwali - même si elle ne partage pas la mémoire de l'apprenti-forgeron - est un peu mal à l'aise vis à vis du miroir et de l'image d'elle que le dragon lui renvoie. Cuivre a un air de conspirateur dès que la jeune kelari est dans les parages.

La présence d'Eternitus met le dragon de métal en joie. Il veut se battre, jouter avec le pirate, le faire rire, l'énerver, lui plaire, attirer son attention. Dans ses rêves les plus colorés, Cuivre se représente Eternitus comme un titan haut de cinquante mètres et ils roulent ensemble dans la prairie, dans une lutte terrible et fraternelle. Un lien particulier unit le pirate et le dragon de métal. Cuivre sait que c'est lui qui lui a rappelé son nom, oublié. Il éprouve envers lui une confiance presque aveugle, et se rangera généralement à son avis, si une question se posait. Cuivre a le voeu ardent de faire grandir Eternitus - ou de se faire lui même rapetisser - afin de réaliser son rêve de bataille à taille égale. Le dragon a aussi récupéré du pirate son grand appétit, il est énergivore. Au contact d'Eternitus -est ce son expérience d'ex-vaisseau? - Cuivre récupère progressivement ses habiletés: une capacité de "souffle", une thermorégulation, un mode "furtif" basé sur une armure pellicule d'eau et les reflets de la lumière, la potentialité de former et recueillir des images-clé -comme la lanterne sur le rocher hors du temps - et donc de s'y téléporter. Pour l'instant, Cuivre n'a pas essayé quoi que ce soit, se contentant de représentations mentales et gardant jalousement ses secrets, hormis pour Eternitus et Kwali.

Quand Navia passe par là, Cuivre rêve de toutes ses forces. La présence de la kelari le faire pencher du côté "humain" de sa nature à la frontière entre machine, dragon et homme. Cuivre tend vers l'introspection, il est généralement plus calme, la compagnie de Navia l'appaise. Il faut noter que toute manoeuvre conjointe avec Cuivre est plus facile, si Navia est là. Le dragon semble avoir une affection sincère pour la kelari et met tout en oeuvre pour lui rendre la vie plus facile, lorsqu'elle arpente le vaisseau, allant jusqu'à glisser un petit champ de force sous ses pas, si elle venait à trébucher. La présence de Navia aide Cuivre à la réflexion, à se tourner vers lui même et prendre conscience de son environnement, au delà des données factuelles.

Avant hier, Cuivre a rugit dans la nuit, quand une présence étrangère a rôdé aux abords du territoire. Le temps a désormais complètement ratrapé le fil télarien. Les machines des mages ont enregisté une vague trâce, confortant l'idée d'un séide de Crucia, qui a réussi à fuir, alors qu'il était découvert. L'écho de sa retraite, par onde électrique, a résonné dans la prairie comme un cisaillement et se perd vers les Steppes de l'Infini. Il n'y a pas eu d'intrusion sur le sol, l'agent ayant été surpris avant.

Dans les mêmes temps, alors que les perspectives de recherche de Shanor se mettent en place,  la veille étant un peu plus relachée, Cuivre est parvenu à gagner le ciel télarien, de lui même. Il s'est projeté vers une image-clé ancrée en lui, le large des côtes de Port Scion, dans une zone maritime battue par des tempêtes incessantes. Là, ivre de liberté, le dragon de métal s'est paré d'écume et s'est fondu pour l'oeil humain dans la couleur de l'azur, activant son mode furtif. Seul les effets de son vol ont été visible: une large vague fendue alors qu'il frôlait l'océan de son aile et ses sourds cris de joie. Cuivre a volé comme un dragon une quinzaine de secondes avant de réaliser qu'il s'était enfui et, paniqué, rentrer à tire d'ailes au bercail.



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